29.07.06 / 15:38
Le billet à ne pas lire
Ci-après, un billet inutile et rédigé avec les pieds (en tongs, c'est dire). En fait, tu peux filer directement vers le morceau en écoute. Sans rire, c'est le seul passage qui va valoir le coup dans ce qui suit. J'avais envie d'écrire des choses très justes et très belles sur ma dépendance. Au tabac. Au net. A deux-trois autres machins aussi. J'en fait le constat ces jours-ci. Et puis je n'y arrive pas, je ne sais pas écrire ça. Mettre en mots, parfois, pour moi, c'est un peu trop lourd.
Donc, mon tétard en sucre, on va parler de rien. C'est à dire de ma fascinante non-vie en ce moment. Parce que j'ai une chance incroyable : Marissa Nadler est ma nouvelle amie. Si, la preuve, regarde bien. S'inscrire sur MySpace, c'est un peu comme ne rien faire, mais en se sentant très occupé. C'est vain, inutile et factice. J'adore. Mais je crois surtout qu'il est temps que je parte en vacances. Oups, encore trois semaines. Too bad.
Tout ça pour dire quoi ? Ah oué, j'y viens. Cette chère Marissa (un sourire de toi et je renie tout ce que j'ai de plus cher) devrait sortir un nouvel album à la rentrée. Si tu me voyais, j'en frétille. Comme Jeanne d'Arc se souvenant qu'elle a un portable Noricsson sous sa cotte de maille et qui s'apprêterait à composer le 18 au moment où ça sent le roussi. Tiens, je m'égare à nouveau. Bref, c'est pour ça que tu as droit à ce Flora Barone qui a enchanté une partie de mon voyage en métro ce matin. Et qui se serait bien passé de tout le blabla qui précède, je te l'accorde.
Mais j'implore ta clémence. Je devrais boboïser tranquille à Paris Plage, au lieu de ça je travaille fais acte de présence dans la petite bibliothèque du bonheur. Qui vient de connaître un drame : le courrier n'a pas été livré aujourd'hui. Et toutes les 22 minutes (c'est le rythme de passage hallucinant auquel j'ai droit) je sors un laconique "Nan Médème, nan Monsieuh, je n'ai pas reçu les quotidiens. Oui c'est la faute à la poste. Oui, tous des méchants. Non, je pense qu'il est inutile que je retourne à la boite aux lettres cet après midi. Oui, bon week end à vous aussi." Parfois, de manière fugace, je me dis que tout ça manque cruellement de sens. Et je reprends un chewing-gum pour oublier.

Marissa Nadler - Flora Barone (live at the BBC)
27.07.06 / 14:18
Stormy weather
En fait, mon petit lardon, aujourd'hui est une belle journée. Je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que l'orage, ou la nuit entièrement dévolue au sommeil, ou juste... je ne sais pas, something in the air. Mouais, bon, peut-être aussi un peu la cure de benzodiazépines, sans doute. Mais peu importe le cacheton pourvu que j'aie le sourire.
Il faut comprendre aussi. Le recul. J'en manque, toujours. Je prends la moindre chose en pleine poire. Je disais hier les lames de rasoir en suspension dans l'air. Ca n'est pas qu'une image. Je trouve le monde autour de moi tranchant. Je me cogne. Je me déchire. Tout le temps.
Non, j'en rajoute un peu. Pas tout le temps. Par périodes. Longues. Forcément, subjectivement, trop longues. Une heure passe comme un mois quand tout n'est qu'aspérités. Alors le recul, je me l'offre comme je peux. Je n'ai plus de scrupules à ce qu'il soit chimique. J'en connais les limites. J'en connais les à côtés. Je gère, ne t'en fais pas.
Mais ce jeudi est vraiment un bel aujourd'hui. Soyeux. Amoureux. En suspension. Ne me demande pas pourquoi, pas encore. Je défais doucement les noeuds de ma tête. C'est l'enchevêtrement qui fait peur, mais si tu prends chaque chose l'une après l'autre, tout devient subitement plus simple. Le recul. La distance. Excuse-moi, momentanément, je profite un peu.

The Puppini Sisters - Wuthering Heights
(En effet, c'est une reprise (gorgée de fraîcheur, admettez-le) de cette dame là. En effet (bis), je l'ai piquée ici. C'est mal. Houlala, comme je m'en veux. Houlala.)
25.07.06 / 15:06
La griotte sur le space-cake
J'évolue à nouveau dans un monde non hostile. Les lames de rasoir en suspension dans l'air ne m'écorchent plus la peau à chaque mouvement. Je tiens debout. Tout le temps. Enfin. Ma cage thoracique se desserre un peu plus chaque jour. Je découvre avec surprise que pendant ce temps, la terre a continué à tourner.
Parce que moi j'étais figé, les pieds pris dans le béton. Parfois, ça m'exaspère, tu sais. De constater ça, je veux dire. De constater qu'un quart de cacheton suffit à me faire supporter l'existence. Parfois, souvent même, je me crois sorti d'affaire. Mais ça n'est qu'une phase du cycle. Je dois souffrir d'un genre de trouble bipolaire light. Comme tout le monde. Si, regarde-toi. Regarde autour de toi. C'est pas pour te démoraliser, tu n'as sans doute pas besoin de moi pour ça. Mais il faut se rendre à l'évidence : il y a un truc qui ne fonctionne pas chez les trente ans et plus ou moins de poussière. Ca prend diverses formes, c'est tout.
Peu importe. Depuis quelques jours, je n'ai plus les genoux en sang à force de ramper sur le sol. Je vais voir des jolies filles en concert (on en cause bientôt, et t'as loupé des merveilles, crois-moi.) Je me rappelle que j'ai un amoureux délicieux. J'essaie de trouver, pour moi, mais pour lui et moi aussi, une autre façon. Mon questionnement actuel tourne autour du couple et de ma propension naturelle à m'y enfermer. Elle m'a apporté quelques éléments de réponse pendant qu'on mangeait des Haribos sur la terrasse. Elle m'en a apporté d'autres en buvant du rosé au même endroit. J'élabore, j'échafaude. Ca circule en moi. C'est donc que je dois être vivant.
C'est pas mal d'arriver à s'en rappeler de temps en temps.

Bang Gang - Inside
(Merci Barnabé)
21.07.06 / 17:19
Biochimie du moi-même
Je ne te raconterai pas la micro humiliation subie au labo d'analyses mardi matin. Non. Je hais les secrétaires médicales. Surtout cette grosse trumelle brune aux cheveux gras et aux dents chevalines. Dents maculées de rouge à lèvre rose nacré que j'aurais bien fait exploser sur le comptoir en attrapant sa queue de cheval luisante d'une main ferme. Vlan, un coup sec en arrière, un coup ferme en avant, mûre pour la prothèse. Mais je n'ai rien fait, j'étais épuisé.
Je ne te raconterai pas non plus les résultats, puisque je n'ai rien. Rien. Vraiment. Consternation de Généralista à la lecture des feuilles incriminées. Elle doit bien se rendre à l'évidence, pas de bactérie ventrophage, pas de virus acariâtre. Rien. Alors elle dit vous avez raison, c'est les nerfs. Ben oui j'ai raison, tu crois que je me connais pas ? Je suis un demi-dieu de la somatisation. Si.
Deux battements de cils plus tard, elle écrivait lexotruc sur l'ordonnance. Et j'ai senti mes muscles se détendre de la tête aux pieds, c'était comme une vague chaude dans tout le corps. Hier soir, en me couchant, le goût amer sous la langue. Le cachet fond doucement. Quelques minutes après, la vague, à nouveau, plus forte. Tout se relâche. Je remercie le petit jésus et les labos pharmaceutiques. Quand j'éteins la lumière, je ne suis pas assailli de toute part. Juste prêt à dormir. Mon cerveau me fout la paix, pour la première fois depuis deux mois. Et je dors. Enfin.

Dresden Dolls - Sex changes
(en effet, ça n'a rien à voir, ça me fait juste plaisir)
19.07.06 / 15:35
Technique dite du coup de pied dans le fondement
Je me lyophilise doucement au milieu des dictionnaires et des revues. Mes petits vieux, eux, semblent plus résistants. Ils arrivent, ponctuels, vaillants, et n'en font ni plus ni moins que d'habitude. Les ados ont déserté le lieu pour mon plus grand bonheur. Monsieur Syndrôme de la Tourette Powah a peut-être un peu plus de mal avec la chaleur. Je crois qu'il vient de crier "ficus" (est-ce une façon de réclamer qu'on l'arrose ?) Où alors c'était "faux cul", j'aurais mal compris. Je ne suis pas très tranquille avec lui dans les parages. Il a cette façon de me regarder fixement pendant de longues minutes qui entretient ma paranoïa naturelle. Après il dit poulpe / purée / stalagmite / whatever. Un jour il se pointera avec une hâche et donnera des coups sauvages au petit bonheur la chance. Si les conjonctions astrales sont en ma faveur, j'en réchapperai.
Je crois que j'aime de moins en moins mon métier. Je crois que je n'ai pas encore le courage d'en changer mais que ça viendra. Pour l'instant, il faut que je me rassemble un peu. Il y a de petits bouts de moi qui flottent dans l'air. C'est ça que je tente de saisir en lançant mes doigts loin devant. C'est ça que j'agrège avec patience. Un genre de Pénélope tissant sa toile. Je me suis éparpillé. Maintenant je me rassemble. C'est un cycle perpétuel, je vais finir par apprendre à faire avec.
Pour l'heure, je fais avec le retour des crises d'angoisse. Ca n'est pas si dramatique. Ca n'est pas si nouveau. Ca n'est pas incurable. J'ai eu quelques semaines de crispation progressive autour de ça. Mais une fois que je me prends entre quatres yeux, que je les considère comme des épiphénomènes d'ampleur restreinte... elles se dégonflent. Elles sont là, tapies, en nuée compacte. Elles attendent le moment de relâchement pour envoyer une ou deux éclaireuses. Pas de bol, mes chéries, j'ai retrouvé l'usage de mes armes. Kayaaaaaaaaah. Chboum. Tziiig. Dégage.
Bien sûr c'est fatigant. Je suis en état de siège. Je suis vigilant. Ca me consomme/consume et il fait un peu trop chaud pour ces conneries. Mais ça passera et je m'en remettrai. D'ailleurs, ça passe déjà. Mine de rien.

Thievery Corporation - Lebanese blonde
(heu, ouais, sans doute pas le titre le plus inspiré au vu de l'actualité, gnagnagna, tout ça, je sais)
