31.01.07 / 17:07
Dernières démarques
Et je dis que j'en ai fini (momentanément, faut pas charrier) avec mes nordiques en manque de tricycliques. Je passe aux américaines victimes d'attentats capillaires et tragiquement mortes des suites d'une anorexie. Tente de faire abstraction de cette frange (je sais, c'est pas facile), écoute juste Karen Carpenter. Et pleure, parce que c'est le genre de voix qui passe sous la peau pour te caresser doucement à l'intérieur.
The Carpenters - Close to you
Mais oui ça va. Je suis juste à court de rêves abscons ces jours-ci, alors je meuble. Et puis on me paye (mal) pour écrire des trucs chiants (très) et je suis en retard (un peu). J'ai donc mis ma vie sociale au placard, sur l'étagère, juste au dessus de la boite où il est écrit "créativité". Je t'explique même pas à quel point je m'emmerde. Je crois bien que je n'ai pas bu une goutte d'alcool depuis huit jours, et pas ingéré le moindre psychotrope depuis encore plus longtemps.
On est mercredi. C'est un des pires jours de la semaine (ex-aequo avec le mardi, le jeudi, le vendredi et le samedi). La bibliothèque est pleine de pré-ados qui ont des exposés à faire sur tout ce que l'Afrique compte d'animaux à poils et à plumes. J'ai envie de les balancer un à un contre le radiateur en leur faisant gober des boulettes d'Encyclopaedia Universalis. Puis d'aller me taper frénétiquement, violemment, compulsivement et en gueulant des mots obscènes l'incroyable peintre en bâtiment qui nous refait le couloir. Un genre de fantasme sur pattes. Il faut absolument qu'il arrête de me sourire, le pinceau à la main, en se caressant le velu des bras. On se croirait dans un porno pseudo-élaboré avec une ébauche de scénario, je vais finir par très mal l'interpréter. Holala, vous en avez un gros rouleau.
Sinon (quand je dis que c'est les fins de soldes ici, je mens pas), d'abord je dis yipeeeeeeee (en même temps, c'est pas la première fois qu'on nous fait le coup, méfions-nous...) Après je t'encourage à aller voir Les Climats. Ca a l'air contemplatif-pète-burnes comme ça, (et par moments, ça l'est, pour tout t'avouer) mais ça t'attrape sans crier gare comme un peintre en bâtiment qui gnnnn et ça te trotte dans la tête des jours et des jours après.
23.01.07 / 10:58
Gong
C'est la lumière qui m'inquiète d'abord. Crue. Rasante. Elle jaillit de partout, et pourtant il n'y a pas de soleil dans le ciel. Juste du bleu. Très pâle. Délavé. La chaleur aussi n'est pas normale. Je devrais étouffer, transpirer, me liquéfier, mais rien. Je sais juste qu'on est au-delà de la canicule, et que ça n'a aucun effet sur moi. Il y a le vent, et le bruit des vagues qui s'écroulent inlassablement derrière moi. Je suis allongé sur le sable. Je ne vois pas la mer, je la sais présente, je l'entends exister. Je regarde la falaise en face. Je n'ai pas le choix, je suis en granit, mon corps est immobile, ma tête ne peut pas tourner.
Il y a des oiseaux qui crient, mais je ne les vois pas non plus. Il y a du monde en haut de la falaise. Ils forment une masse dense et silencieuse, je suis trop loin pour les entendre, trop loin pour les distinguer nettement. Un gong retentit, et le son emplit l'espace, le sature, pétrifie l'air. Une silhouette se détache de la foule, avance vers le bord, et saute. Je devrais être effrayé, inquiet, mais je ne ressens rien. Je regarde, toujours immobile. La chute est lente et droite. Le bruit du gong s'étiole, et le corps dans le vide s'efface doucement. Il ne s'écrase pas dans l'eau, il s'est évaporé avant.
Je n'ai pas le temps de réfléchir à ce qui se passe. Le gong cogne encore, et quelqu'un d'autre s'élance dans le vide, pour se volatiliser comme le précédent. Mes cheveux crépitent. Je suis en train de me consumer. Le gong résonne encore et encore, et à chaque fois, l'un d'eux tombe. Ils sautent pour moi, sans inquiétude, juste conscients que c'est ce qu'il faut faire. Et je les sauve un par un, parce que je suis là pour ça.
J'arrive à bouger. J'arrive à voler. Je monte vers eux, et le silence disparaît. Il sont en train de chanter, les hommes très bas, les femmes très haut. La mélodie est palpable, elle s'élève en volutes blanches de leurs milliers de bouches vers moi. Elle s'insinue par mes narines et par ma bouche. Je descends devant eux, au bord de la falaise. Mes pieds se posent sur le sol sec. Au son du gong, je leur souris et je bascule en arrière.
La pluie tombe, enfin, quand mon corps touche l'eau et que la mer m'absorbe.
Je reviens dans dix ans dévorer leurs enfants.

Emily Haines - Crowd surf off a cliff
Rather give the world away than wake up lonely
Everywhere in every way I see you with me
16.01.07 / 13:22
Break in the sun till the sun breaks down
Deux nuits de sommeil parfait. Sans intervention de molécules exogènes. J'avais fini par oublier, tu vois, à quel point c'est bon. Je pourrais te dire que ça vient de Jeanne S., experte (grassement rémunérée) en démantèlement d'angoisses. Pas faux. Mais pas que. J'avais aussi un gros souci de sankalpa, et je le savais même pas.
Donc, Jeanne S., hier, entre deux plissements de ses yeux de chat, me lance des javelots effilés dans la poitrine. Je bombe le torse, les premiers rebondissent et retombent par terre. Match nul. Et puis ma résistance s'amenuise, faut pas charrier, elle connaît son boulot. Ca commence à piquer. Ca commence à s'enfoncer. Et je découvre que ça agit comme l'acupuncture. Je dénoue. Je déjoue. Je détend. Ca ne signe pas la fin des hostilités, juste le début de mon recentrage.
Je poursuis tout seul chez moi. Puisqu'il faut recentrer, tu vas voir ce que tu vas voir. Retour du yoga, mis de côté pour mes mauvaises raisons habituelles (ho pas le temps aujourd'hui - demain peut-être - ha non plus faut que je nettoie le lavabo - tout ça - la semaine prochaine promis - ou pas - enfin tu vois). Et après cinq minutes de séance, un truc fait ding dans ma tête. Mon sankalpa n'est pas bon. Mal choisi, mal formulé. Ca fait des mois que je me trimballe un sankalpa de merde sans m'en rendre compte.
Alors je m'arrête. Je prends un quart d'heure pour trouver ce qui cloche. Et je trouve. Et je reformule. Et je recentre. Et je recommence la séance depuis le début. Avec mon nouveau sankalpa finement ciselé, lumineux, taillé sur mesure pour épouser les contours de mon espace intérieur. Quand la séance prend fin, il palpite toujours. Plus tard, je me suis endormi doucement. Quand le réveil a sonné, je n'ai même pas eu besoin de vérifier. Le sankalpa était resté en place. Scintillant. Chaud. Au centre.

Stina Nordenstam - Get on with your life
And I try to get up and I try to move but
This thing won't let me
It's heavy as a man's body on you
And it's this close to get me
Ces jours-ci, je (re)passe en boucle et ad nauseam tous les albums de Stina Nordenstam. Sur son site, mort depuis quelques lustres en cristal, est apparu (depuis quand, bon sang de bois, depuis quand ?) un coming-soon qui me fait frétiller d'aise. Un nouvel album, hein, allez quoi... 2007, un nouveau Lynch, un nouveau Nordenstam, un nouveau sankalpa. Yipeee.
C'est à dessein que je n'explicite pas le concept de sankalpa. T'as qu'à faire du yoga nidra. Hin-hin-hin. Oui, ou me prendre pour un givré, t'inquiète, j'ai l'habitude.
10.01.07 / 13:54
No hay banda
Comment te dire ? ijustcantwait ijustcantwait ijustcantwait ijustcantwait ijustcantwait ijustcantwait ijustcantwait ijustcantwait ijustcantwait ijustcantwait ijustcantwait ijustcantwait ijustcantwait ijustcantwait ijustcantwait ijustcantwait
David Lynch - Inland Empire (french trailer)
Ce n'est donc pas demain que je retrouve le sommeil, moi. J'en suis tellement ratatouillé que je fais deux billets dans la même journée. C'est dire si je ne suis pas dans mon état normal.
10.01.07 / 11:45
Whore inside
Je flotte, cerné, d'une insomnie à l'autre. Mes nuits sont pénibles, quel que soit mon degré d'épuisement. C'est la même comédie tous les soirs. Au bord du collapsus, je m'allonge, je me cale, j'éteins. Mes yeux restent ouverts. Et mon cerveau, qui montrait depuis une bonne heure des signes de défaillance critique, s'ébranle d'un coup. Je pense. Je triture. Je tourne en boucle. J'ai des noeuds dans le ventre. Je me crispe. Mon corps hurle un non catégorique au sommeil, qui finit par se barrer ailleurs en râlant. Au bout d'un quart d'heure, je sais que c'est foutu pour cette fois. Je rallume, je lis ou j'avale un quart de ma drogue favorite. C'est selon. Je finis par m'endormir une, deux, trois heures plus tard.
Je connais tout ça tu vois, c'est pas nouveau. Ca s'appelle une crise d'angoisse. C'est ma spécialité. Sauf que jusqu'à présent, j'en savais toujours la cause. Futile ou profonde, il y avait une raison évidente. Là, cette pute refuse de se dévoiler. Elle minaude. Elle change de tenue tous les jours pour faire son intéressante. Chaque soir, elle me trouve un peu plus fatigué que la veille. Le tu montes chéri ? n'est même plus nécessaire. On se regarde à peine et je la suis dans l'escalier. En me demandant ce qu'elle va me faire cette fois. Quel scénario ? Quelles positions ? Elle est pleine de surprises, c'est la meilleure maîtresse imaginable.
Je tombe doucement amoureux de Miss Anxibitch. Dans les films, le mec qui veut épouser la pute, il ne finit jamais bien.

Bic Runga - Blue blue heart
Hooooo lalala, lalalala, lalalala-laa-laaaa. Moi aussi je lalalalate depuis lundi et mon éphémère gloire radiophonique. Pour ceux que ça intéresse, la lecture d'un de mes textes faite par Brigitte Patient est à la fin du billet en question.. Holalalala-laaaa. Je vais me faire naturaliser suisse. Comme qui-tu-sais.
Something quite extraordinary - I don't feel a thing at all.
People come for miles to see the girl with the blue, blue heart.
