27.03.07 / 14:43

Perseverare diabolicum

et prends le dans ta face le retour dans le monde merveilleux du tripalium banlieusard et le sourire narquois de Rigida quand tu dis que tu t'es reposé de ton angine mais du coup pas des raisons qui t'avaient poussé à prendre ta semaine elle en est presque ravie mais j'ai les dents serrées très fort ça conjure

je suis passé en mode hate-only subitement je sens que mon esprit bouillonnant de rage contenue va bientôt faire exploser le bâtiment entier et faire pleuvoir des torrents de sang brûlant sur la moquette vintage je suis Carrie le retour et le bal du diable cette année c'est moi qui le mène

il y a les hommes de passage aussi et je m'ennuie m'ennuie m'ennuie bon sang que je m'ennuie dans ces bras morts à répéter encore une fois cette chorégraphie idiote et à constater encore et encore et encore et encore l'absence quasi totale de sensations voire de désir une fois passée l'étape délicieuse du premier baiser et de ma main qui effleure un ventre encore inconnu

si tu savais comme tout ça me lasse et comme je m'en veux de persister et d'être faible au point d'en attraper un nouveau de ci de là juste pour me sentir au chaud et constater tentative après tentative que je suis derrière une armure épaisse et que plus on me touche moins je ressens

mais mais mais le temps béni du renouveau va sonner ding-a-ding-a-dong je le sais mon dossier qui part pas complet pas conforme mais qu'importe ça marchera ding-a-ding-a-dong parce que telle est ma volonté et dans trois mois on me dira oui ding-a-ding-a-dong parce que telle est ma volonté alors tu sais au fond l'amour c'est pareil je dirai oui quand telle sera ma volonté en attendant j'ai juste besoin de ne pas dormir tout seul tous les soirs et ça c'est facile ding-a-ding-a-dong


An Pierlé - How does it feel ?


An Pierlé - Helium Sunset (live)

La fille aux deux visages. Difficile de rendre compte du concert d'hier soir, ça fait trois ans que je l'écoute, et elle n'a pas fini de me surprendre. Tour à tour douce et hystérique, à l'aise dans la ballade triste, le rock nerveux ou la reprise renversante. Tout en restant chaleureuse, et d'une générosité sans borne au moment des rappels. J'ai même fini par danser, moi, oui, moi. C'est dire si elle est capable de sorcellerie. T'aurais dû venir.

and pliz go there if you need more

24.03.07 / 14:30

Instantané(s)

J'avais dit que je recentrais, mais c'est compter sans ma propre résistance à toute tentative d'évolution. Alors le chemin est un peu plus tortueux que prévu. Bien, prenons-en note, cheminons malgré tout : tant que j'avance, même sur le mode de la circonvolution, je ne peux pas me tromper.

/ 1 /

Alors que te dire quand tu me regardes faire et que tu donnes ton avis, bien trop désobligeant pour être honnête ? Je ne suis plus dans le choix, figure-toi, je suis passé à l'état de nécessité. Que te dire ? Rien, j'en ai peur, et je préfère tourner les talons, parce que je n'ai pas le temps de me gaspiller. Il y a des luxes que je ne m'offre plus.

/ 2 /

Alors elle relit mon curriculum posé devant elle, et elle dit qu'elle est tout à fait favorable à votre candidature et à votre arrivée dans l'équipe, si ce que je vous ai présenté vous plait évidemment. Je suis sur la chaise en face d'elle et je sens une onde de chaleur dans mon cou, une autre de plaisir le long de ma colonne vertébrale. Je me dis ça y est ça y est ça va bouger tout en travaillant ce sourire que je me suis collé sur la gueule en entrant dans le bureau, et dont je ne dois me départir sous aucun prétexte.

/ 3 /

Alors je lui dit je vais demander mon détachement et cette connasse psychorigide répond juste c'est sans doute mieux pour vous sans la moindre expression faciale, en même temps j'attendais quoi, mmh ? Des cris, des larmes ? Vous partez quand ? enchaîne-t-elle, l'oeil torve, et je réponds mais c'est loin d'être fait, je ne suis pas le seul à postuler, en revanche considérez que je n'en peux plus et que tous mes efforts vont être concentrés sur un départ de cet endroit. Toujours pas de réaction, elle me colle juste une demi-douzaine de dossiers sur les bras, histoire de. Mon beau sourire se fige en rictus, mais c'est moi qui gagne la bataille malgré tout.

/ 4 /

Alors comme je m'étais offert une semaine de vacances, j'ai fait une angine le deuxième jour. Mon corps me hait, et il aime me le faire savoir. Ca m'a permis de voir le Solaris de Tarkovski emmitouflé dans un plaid, en essayant de déglutir le moins possible. Je vais être hanté longtemps, je crois. Je suis resté cloitré chez moi trois jours, dans un demi-sommeil, et c'est encore comme ça que je recentre le mieux. Il faut que je mette fin à de mauvaises habitudes.

Ane Brun - Humming one of your songs
Ane Brun - Humming one of your songs

14.03.07 / 11:52

The simple life

Ces derniers temps, c'est façon catch dans la boue, les séances avec Barbarella-Psychalia. Elle me met de bons gros pains (à base de placenta, de frigidité et de névrose d'abandon, si tu veux savoir, mais ça ne te dit rien, évidemment, et ne compte pas sur moi pour en lâcher plus). J'expurge, j'expie, j'arrive à ne pas expirer, c'est déjà pas mal.

Ca me laisse un peu chancelant, un peu épuisé, et par voie de conséquence, un peu à fleur de peau.

et tu te dis que ce que j'écris là tu l'as déjà lu vingt fois ici et que c'est toujours la même chose avec ce connard même pas vraiment bipolaire qui passe son temps à geindre qu'il a un peu mal là très mal ici et à déverser son aigreur son impuissance ses tergiversations s'il se secouait un peu la minette il verrait les vrais problèmes des vrais gens lui qui a tout du fric un boulot des amis même des amants à peu près disponibles et pas encombrants

alors viens là que j'enfonce un peu le clou et que je te dise maintenant que j'ai bientôt trente deux ans et que je suis très las vraiment très las de tout ce cirque que je m'inflige on ne sait pas pourquoi pour me punir de choses de crimes de meurtres dont je ne suis pas responsable mais qu'on m'a demandé d'endosser avant même ma conception alors c'est pas comme si j'étais en état de dire non et que tout ça c'est très violent et qu'à chaque fois que je crois m'en sortir il y a cette petite lumière qui s'allume au fond du cortex et qui me dit d'aller bien vite me faire foutre parce qu'on va pas me lâcher aussi facilement parce qu'il faut que je répare maintenant

Alors je tourne en rond, mais comme je fais bien les choses c'est sur le mode de la spirale. Alors je tourne en rond mais petit à petit je m'éloigne de l'épicentre. La contrepartie, c'est un trop grand détachement généralisé. Je n'ai pas trouvé encore la méthode idéale, celle qui me permet d'être en prise mais pas les doigts dans la prise. Je cherche, je tatonne, et j'ai envie de m'évanouir cinq minutes pour arrêter de ressentir.

Electrelane - The valleys
Electrelane - The valleys

07.03.07 / 11:57

A la baguette

Howowowowow le cri que je pousse au matin quand je m'étire et que je vois la magie revenue comme un halo prune autour de moi et je sais que je peux à nouveau claquer des doigts et créer et faire apparaître des trucs des machins des choses comment se fait-il que j'aie pu oublier à quel point c'est facile de donner forme de commander aux choses à la matière de lui dire soit ceci soit cela et de voir le halo s'intensifier se concentrer palpiter grésiller et exaucer dans un flash aveuglant que je suis le seul à percevoir

Voracité, dis-tu, dans un souffle, et je ne peux y répondre, vois-tu, parce qu'en effet, vois-tu, tu es dans le juste, tu vois. Mais je n'ai pas envie de te dire ça, d'aquiescer, de confirmer, te donner raison. Je préfère enfoncer un peu plus ma langue entre tes lèvres et t'arracher ce gémissement, ce frisson, cette tension soudaine de ton corps sous le mien. C'est dire je sais à ma manière, et tu comprends, de toute façon.

Encore, clignes-tu des yeux, quand ma main t'empoigne, et tu crois que je mène la danse, mais tu es dans l'erreur. C'est toi qui décide, vois-tu, sans même t'en rendre compte, tu vois. Je ne fais que m'adapter, me lover, réagir. Et mon plaisir dans tout ça ? Tu t'inquiètes, tu te demandes, tu me demandes et je réponds d'un plissement des yeux mon plaisir, mon très beau, est immense, mais ma voracité, mon très cher, ne fait que croître à mesure que tu m'empoignes à ton tour. C'est ainsi.

Howowowowow le chant qui s'échappe de toi au matin quand ma peau ensommeillée se réveille doucement et ondule au contact de la tienne et palpite et grésille et réagit et que le halo prune autour de nous enveloppe nos corps encore prisonniers des rêves de la nuit et que je bascule au dessus de toi sans un bruit et que mes doigts attrapent les tiens et les serrent fort jusqu'à blanchir

J'ai faim à nouveau clignent mes yeux, mais je ne sais plus si je dors encore, si tu es allongé là, ou si je suis seul. J'ai juste l'intuition qu'au fond, ça n'a aucune importance. Le chant intérieur résonne et se diffuse et s'amplifie, quoi qu'il arrive, où que nous soyons.

Julie Feeney - Autopilot
Julie Feeney - Autopilot
[via aurgasm]

03.03.07 / 15:05

Big bang

Imploser d'abord. Exploser ensuite. Laisser la désagrégation aller à son terme. Etre uniquement attentif à ne perdre aucune parcelle. Réagréger patiemment, mais en étant cette fois le maître d'oeuvre.

NukedJe suis l'architecte de ma reconstruction. Ca prend du temps. Ca réclame du silence. Ou une mélopée intérieure et contenue. C'est moi qui compose, qui chante et qui écoute.

Je ferme les yeux. Tout se passe derrière mes paupières. Quand je les ouvrirai, tu y verras aussi. En attendant, je laisse infuser les rêves dans ce je neuf. Ils ont beaucoup d'histoires à me raconter, et j'ai très envie de les écouter.

Mais encore une chose. Juste une. Offre-moi des amants, j'ai grand faim tout le temps. Je les déguste, ces jours-ci, avec gourmandise. Je crois que ça leur plaît, ma dévoration, mes grognements, mes crocs avides : ils repartent au matin avec une parole douce et un regard tendre. Moi, rassasié de chair désirante et désirée, je replonge dans le sommeil.

Je réagrège, patiemment.


Dead Can Dance - Cantara
(live in Santa Monica - 1994)

Lisa Gerrard est en concert dans ton c au Grand Rex le 15 avril. Je dis ça, je dis rien.