tangible
Ca doit se voir que je n'ai plus trop envie de parler de moi. Directement, je veux dire. Crûment. Factuellement. Déjà, j'avais arrêté de dire les livres lus, les disques écoutés, les films, les concerts. On s'en fout. En tout cas je m'en fous. Après, j'ai arrêté de dire je fais ci, j'étais là. C'était à mesure que je devenais heureux, je devenais pudique dans le même temps. Et si je redeviens malheureux à un moment ? je crois bien que je vais rester discret, si jamais.
Ca va avec la fin de la psychanalyse, évidemment. Avec la fin du tabac aussi. Ce sont deux moments/évènements qui m'entrainent plus loin que je ne croyais. Et d'autres choses encore (puisque je quitte le factuel, autant m'en gaver une dernière fois), qui suivent en vrac...
Les travaux dans l'appartement, qui va subitement passer du 19ème siècle au 21éme (ceux qui sont venus voient très bien ce que j'entends par là). Ca n'a l'air de rien, mais ça veut dire aussi pouvoir s'installer vraiment. Ca veut dire aussi que ça ne sera plus son appartement où je me suis installé en investissant les espaces vides, mais notre appartement. Du détail, du symbole, certes, mais après toutes ces années freudiennes, c'est bien le moins. Non ? En attendant, on est un peu sdf (mais ça va, on nous prête un 3 pièces avec jacuzzi pour tenir jusqu'à fin août.)
Et aussi, à la rentrée, comme les petits, je retourne à l'école. D'ici 3-4 ans, je serai peut-être, si j'y travaille bien, devenu shiatsuki. Et, si la vie est fabuleuse, ça sera mon activité alimentaire principale, et écrire mon activité qui rapporte que dalle principale. Si la vie est normale, je continuerais à bosser à Paradise Library, je pratiquerais le shiatsu une partie de la semaine, et j'écrirais dans les interstices. Si la vie est une pute, je me fais amputer des deux mains la semaine prochaine.
Déjà, j'ai un bout d'orteil en moins dans le monde merveilleux des bibliothèques : je passe, comme les mères de famille, à temps partiel. La différence, c'est que chez moi c'est pour élever un bouquin, c'est tout. Mon plan diabolique, c'est de travailler moins, gagner moins, ressentir plus. Donc je m'offre une journée, officielle, d'écriture dans la semaine. Et progressivement, chaque année, je compte grignoter. Le mi-temps est mon Graal.
J'ai eu 33 ans jeudi. Je n'ai plus peur, plus un seul instant, d'avoir les 36 de mon père. J'aurais les miens. J'ai une feuille de route pour les années à venir, que je me réserve le droit, par dessus le marché, de modifier au gré de mes nécessités de bien-être.
En attendant, comme tous les deux ans, j'efface (presque) tout et je (re)commence. C'est la même chose, mais pas tout à fait, et c'est là : tangible.fr. Moins, voire peu, de musique (je deviens presque légal, wâw), plus d'écriture (enfin, quand je dis plus, tu me connais...) Pour l'instant, on n'y trouve que des vieilleries, les fictions glissées ici en douce et les bouts de journal dont j'étais à peu près content. Au bout du compte, ça ne laisse pas grand chose, mais il faut savoir jeter sans trop réfléchir. Et dans un futur plus ou moins proche, il y aura du neuf. Peut-être même des trucs vrais, je ne suis pas à un changement d'avis près, mais faut pas trop y compter.
>> tangible.fr

My brightest diamond - Inside a boy
|| 17.06.08 || 6 commentaires ||