(raindrops)

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mardi 25 avril 2006
16:12 :: généralitudes

Interludage

Houlala, c'est que ça va être carrément plus long que je pensais mes petits bidouillages. Ouaip, ça irait sans doute plus vite si je savais exactement ce que je veux faire de mon nouveau chez moi. Et aussi si je pouvais faire plus de trucs depuis le boulot, mais han, il se trouve que j'ai trop de boulot.

Ouatéveur, si tu t'ennuies, tu peux allez lire ma vie de connasse. Et pis en même temps tu pourrais écouter les Dresden Dolls. Ou lire le dernier Coupland traduit en français, Hey, Nostradamus ! Pas envie de le chroniquouiller, pas envie de te dire pourquoi j'ai pas envie. Mais fais-moi confiance un tout petit peu. En plus c'est publié au Diable Vauvert, donc tu deviens propriétaire d'un objet élégant qui provoquera la jalousie de tes amis (mais tu les aime pas en fait, alors c'est pas grave).

lundi 24 avril 2006
09:39 :: généralitudes

En dessous de la mémoire

Finalement. Tout bien réfléchi. Etant bien sûr considéré que. Bien conscient des. C'est avec une profonde tristesse. Nous avons la joie de vous faire part. Survenu dans sa deuxième année.

L'autre jour, j'ai fait piquer intemperies.net. Pour diverses raisons qui ne te regardent pas. Disons que c'était la dernière étape de mon changement de vie. Je bricole un autre truc. Ca sera la même chose mais pas pareil. Pour l'instant c'est pas fini, la déco n'est pas prête, je ne peux pas t'y recevoir à dîner.

Et même, je ne vais pas te dire où c'est. Il y a un indice dans ce billet, on va dire que c'est comme un jeu. Mais tu risques d'avoir du mal, je suis tombé dans l'aberration lexicale néologisante. Si vraiment tu veux venir voir, tu peux m'envoyer un mail où tu sais, quand j'en aurais fini avec le papier peint je te ferai probablement signe. Sinon, hein, tu finiras bien par me tomber dessus un de ces quatre, par hasard.

Bientôt, ici, plus rien. Au même moment, ailleurs, des trucs.

See you (or not).

Dresden Dolls - Missed me
Dresden Dolls - Missed me

jeudi 20 avril 2006
16:37 :: généralitudes

Et à double tour si possible (feat. Dorval)

Je lui ai dit l'autre soir, "ce film n'en vaut pas la peine", il en a eu un rictus lacanien typique et un petit clin d'oeil complice, et là j'ai compris que j'étais amoureux. Evidemment. Ne faites pas attention à cette phrase, elle est juste pour mes petites notes personnelles, because mémoire emmenthal.

Ce matin, je me lavais les cheveux sous la douche (car oui, j'ai depuis quelques semaines une délicieuse chevelure grisonnante à la place de mon crâne amoureusement rasé pendant des années), ce matin donc, en massant langoureusement mes boucles (ahahaha) soyeuses avec du shampooing american crew qui épaissit grave la texture capillaire de l'homme moderne, acheté à prix d'or au séphora rivoli en même temps qu'une crème skinethics fort peu abordable elle-même mais sans paraben à sa mère et qui protège ma peau de tout ce que l'univers connaît comme agression épidermique, ce matin disais-je, alors que l'eau chaude glissait sur ma peau délicatement gommée sur laquelle moussait de l'élancyl à l'extrait de lierre sans savon que ça sent carrément bon toute la journée mais que ça coûte, là encore, la peau des roubignolles, on se demande bien d'où je sors le fric d'ailleurs, et j'ai bien une réponse, mais on est pas vulgaire ici alors je dirai pas de dans ton cul chéri(e), ce matin, en brossant mes dents étincelantes avec cet ustensile colgate qui vibre doucement quand tu appuies sur son petit bouton rose et qui me fait l'émail lumineux et l'haleine mentholée, ce matin, dans la salle de bain, je me répétais comme un mantra "ça n'en vaut pas la peine".

Lavé, séché, coiffé, habillé, équipé, je grimpe dans mon métro, celui que je prends tous les jours pour aller dans mon merveilleux nouveau travail, où j'ai à peine manqué de me faire casser la gueule il y a deux jours par un petit jeune nettement plus costaud que moi et qui n'aimait pas ma façon de lui rappeler comment bien se comporter en société dans une bibliothèque certes de banlieue un-peu-craignos-enfin-faut-voir mais tout ce qu'il y a de plus respectable. Je ressasse cette affaire depuis 48h, parce que j'ai eu peur figure-toi sur le coup, je tenais bon pendant qu'il me disait va t'asseoir à ton bureau connard maintenant et ferme ta gueule en me donnant des coups d'épaule, j'ai eu peur de la seconde où ça bascule vraiment, j'ai eu peur parce que la salle était pleine et que personne ne bougeait plus, j'ai eu peur parce que je sentais mes moyens qui s'évaporaient, j'ai eu peur jusqu'à ce que le gardien arrive par miracle et nous sépare, j'ai eu peur parce que je ne savais pas où j'allais, juste qu'il ne fallait pas le laisser gagner sinon c'est foutu c'est lui le chef jusqu'à la fin des temps, j'avais peur ne pas tenir bon, les poings serrés sur la table. Dans mon métro ce matin, je pensais à ça et j'avais encore peur, et ça va durer quelques temps bien sûr, et je me disais ça n'en vaut pas la peine. Et dans le casque, il y a eu Dorval au même moment, parfois c'est super bien foutu le mode aléatoire, et Dorval elle disait la même chose.

Dorval - Ferme la porte
Dorval - Ferme la porte

Et j'ai pensé que cette chanson était faite pour le dernier billet ici, et que le dernier billet il était pour aujourd'hui, ça fait longtemps que j'y pense, alors autant faire ça vite fait, là, hop, on en parle plus, babaye (raindrops), de toute façon je n'arrive plus à écrire. Sauf que non, je change d'avis toutes les deux minutes (si je veux), et en écrivant le fameux dernier billet, je me suis rendu compte que ça revenait. Et puis, héhé, il y a d'autres solutions, héhé, à ce problème momentané. Héhé.

Dorval - Celle que vous croyez
Dorval - Celle que vous croyez

mercredi 12 avril 2006
14:34 :: généralitudes

J'entends mes synapses qui cliquètent

Gzzz... Tic... Clac...

J'écris si je veux. Je renouvelle intemperies.net si je veux. Je dors si je veux. J'annule si je veux. Je viens quand même si je veux. Je travaille si je veux. Je fais du saumon en papillotes si je veux. Je rentre chez moi si je veux. Je suis en retard si je veux. Je bois trop si je veux. Je pars en vacances si je veux. Je dis la vérité ici si je veux. Je laisse mourir (raindrops) si je veux. J'oublie un peu trop tout si je veux. Je claque du fric si je veux. Je réponds si je veux. Je dis oui, non, faut voir, dans ton cul, sa race si je veux. Je fais des jeux de mots foireux si je veux. Je prends rendez-vous chez un psychanalyste si je veux. Je tombe amoureux si je veux. Je dépasse la date limite d'inscription au concours si je veux. Je me fais hypnotiser si je veux. Je nage si je veux. Je prends du lexo de façon exclusivement récréative si je veux. Je bronze si je veux. Je mets des morceaux qui n'ont rien à voir si je veux.

Jeanne Moreau - La peau Léon
Jeanne Moreau - La peau Léon

(copyright Lapinoupinette pour le titre)

samedi 1 avril 2006
14:23 :: écoutage

Sheila dans le métro (aphone éthique)

Sheila Chandra - Mien
Sheila Chandra - Mien

Pas bien réveillé.
        [mien]

Casque sur les oreilles.
        [india lakpan]

Le métro traîne.
        [braktar angleadar turaman]

Je vais être en retard.
        [busz angleadar]

Mais ce morceau qui passe, écouté en boucle à l'époque, qui ressurgit par hasard. Deux ans, trois ans ?
        [eusimusdun asiarukh]

Je phonétise les paroles (étrangement, mes notions de kazakh sont très limitées. A rien.) Je scande un peu trop fort, vu les regards alentours.
        [medunia tamasda]

Trois minutes ving-six secondes hors de tout. A l'envers, à l'endroit, rapide, lent. Distorsion. Bruits.
        [sektanra trisamus]

Un pas vers la perfection sonore.
Je suis définitivement en retard.

vendredi 31 mars 2006
15:33 :: généralitudes

Des trucs. Un peu. Comme ça vient.

Ca se voit que j'ai pas envie d'écrire ces jours-ci ? Enfin non, c'est autre chose, j'ai envie mais pas le courage. Mes nuits sont aussi belles que mes jours. Je sais, ça t'agace.

Et puis je préfère écouter des chansons niaises.

Emiliana Torrini - Flirt
Emiliana Torrini - Flirt

Ce matin, je lui ai piqué un peu de son eau de toilette. Toute la journée, de-ci de-là, des effluves de lui montent à mon nez. J'en frémis d'aise.

On m'a appris, coup sur coup, que je n'aimais pas les pédés. Ouais. Puis qu'en fait j'étais un pédé à filles. Ouais aussi.

Hier soir, Terminus Nord. On satisfait mon envie d'huîtres. Tellement roaring twenties que j'ai failli ne pas m'en remettre.

mercredi 22 mars 2006
14:08 :: généralitudes

Merci de laisser vos gonades à l'entrée du restaurant

D'accord. Je n'ai pas été aussi honnête que je le voulais. J'avais envoyé un texto, même pas minable, juste pour dire qu'on allait se contenter de prendre un verre et pas dîner (suivant en cela les conseils de l'ultimate lapinou, mon coach définitif).

Mais le jeune homme à l'accent irrésistible voulait manger. Italien. Et hop. Et j'ai senti que je me décomposais progressivement. Parce que j'ai un peu menti hier, et que je n'ai pas passé la nuit à ses côtés juste pour l'hygiène, c'est pas vrai. J'ai dit ça pour faire le malin. Parce qu'il est charmant, et drôle. Et énamouré. Et merde.

Alors on mange. Et je ne dis rien. Je pense vas-y bordel, dis-lui, allez, c'est pas dur, j'ai rencontré quelqu'un d'autre, zou, on paye on s'en va c'est fini, dis-lui, mais dis-lui. Et je ne dis rien. Jusqu'au dessert. Et là je suis minable, parce que je ne peux pas dire la vérité. A la place j'utilise un genre de ça ne marchera pas, on a trop de différence d'âge, moi j'ai besoin de quelqu'un de plus âgé que toi. Et même si c'est un peu vrai, c'est pourri de chez pourri. La vérité était sans appel, ce demi-mensonge laisse la porte ouverte, on peut en discuter, tenter de convaincre, blablabla. Mais je ne peux pas faire mieux, je me suis attaché à toi, pas assez mais un peu.

Il parlemente cinq minute, au cas où. Il est un peu en colère, mais pas assez pour m'en vouloir, je suis trop un mec bien, ah ouais tu m'étonnes, faudrait juste que j'aille me faire greffer une paire de couilles et ça serait parfait. On sort, et il fait une dernière tentative. Discrète, délicate. Je dis non. Je dis on pourrait, oui, mais demain matin ça serait pareil. Il dit je sais, mais t'es vraiment con, et si tu changes d'avis tu me rappelles.

J'envoie un message libidineux en marchant jusqu'au métro. Mais il est pour quelqu'un d'autre.

OmR - Immobilized
OmR - Immobilized

Et ça n'a rien à voir, mais je viens de hurler de rire en lisant ce petit billet délicieux. Du grand art. Remarque, c'est peut-être juste parce que j'ai vécu un peu trop longtemps à Orléans et que j'ai trop bouffé de la Jehanne...

mardi 21 mars 2006
16:56 :: généralitudes

E pericoloso sporgersi (ben tiens)

The Rosebuds - Leaves do fall
The Rosebuds - Leaves do fall

J'ai passé cette nuit là avec toi par désoeuvrement. Et parce que je n'avais pas baisé depuis une semaine. Et parce que ton accent italien dans mes oreilles me donnait des frissons. Et parce que rien, voilà, c'était comme ça.

Je dîne avec toi ce soir, mais j'ai envie de t'envoyer le sms le plus minable de l'univers. Que ce n'est pas la peine, qu'il y a quelqu'un d'autre. Qu'on reste amis, sauf que je ne te rappellerai jamais et toi non plus.

Il y a quelqu'un d'autre. Il va falloir que je te le dise. J'ai envie d'inventer n'importe quoi. De dire que c'est ton âge, tiens. Du coup c'est ta faute, t'as qu'à être plus vieux. Et hop.

J'ai envie que tu n'existes pas. Ca m'éviterait de te faire de la peine. Et puis cette soirée avec toi, les bras m'en tombent d'avance tellement je sais que je vais avoir envie d'être ailleurs. Avec quelqu'un d'autre.

Parce qu'il y a quelqu'un d'autre. Et tu fais pas le poids. Et il va falloir que je t'explique ça avec un minimum d'élégance. Tout en restant un peu sordide, parce que c'est mieux pour toi si tu m'en veux un peu beaucoup vachement.

C'est ma façon de prendre soin de toi : te mettre un gros pain dans la gueule. Te donner la possibilité de me détester. Te laisser être la victime. Les mecs qui te plaquent, souvent, ils cherchent des excuses. Pour se sentir moins minables, pour qu'on leur dise je ne t'en veux pas, je comprends. C'est tout simple du coup. Moi j'ai décidé que j'assumais. Que je disais les choses telles qu'elles sont. J'ai pas envie hein, vraiment pas.

J'ai plusieurs histoires en cours, mais il y en a une qui gagne, alors je nettoie autour. Je me libère.

Je me suis posé moins de cas de conscience avec les autres ces dernières semaines. J'ai juste effacé les numéros. Jamais rappelé. Jamais répondu. Et hop aussi. Vous n'existez pas, je l'ai décidé. Mais il n'y avait pas quelqu'un d'autre, il y avait juste le corps d'après.

Il y a quelqu'un d'autre, et j'ai envie d'explorer. D'arrêter le n'importe quoi. De me concentrer sur lui. C'est peut-être une erreur. C'est peut-être un gros mordage de doigts en perspective. Et après ? J'aime bien prendre des risques maintenant. C'est nouveau, ça aussi.

Et si ça se trouve, tu vas même pas m'en vouloir, t'en auras juste rien à carrer. Je me prends toujours un peu trop au sérieux.

jeudi 16 mars 2006
07:36 :: généralitudes

Simple comme un faux numéro

OmR - Addict
OmR - Addict

J'ingurgite un peu trop de bière, ça change, et puis je suis un peu trop fatigué par ma journée. Quand Gli-gli le serveur commence à me faire du rentre dedans, j'embraye sans réfléchir. On joue au chat et à la souris, on se croise entre deux portes, il caresse mon épaule. Il y a des sourires.

Au bout d'un moment, il n'y a plus que Nawal et moi, elle verveine, je margarite. Gli-gli est à fond, virevolte, papote, fait trois fois ses adieux, sourit à pleines dents. Nawal s'étouffe de rire, moi je me regarde et je me fais rire tout seul. Je ne sais pas si c'est Paris, si c'est la nouvelle vie, si c'est que j'ai grandi. Je ne sais pas, mais j'aime bien ce qui est en train de se passer à l'intérieur de moi depuis quelques temps.

C'est un peu n'importe quoi. C'est un peu je cours d'un homme à l'autre. C'est un peu on me court après tout le temps. C'est un peu je teste, c'est un peu je profite. Gli-gli s'en va, manteau, écharpe, sourire en coin, clin d'oeil. Me laisse son numéro. Me dit ligne 6, je réponds moi aussi. Me dit je ne travaille pas demain, je dis moi non plus. Me dit on se voit, je dis oui. Me dit appelle-moi tu as mon téléphone, je dis bien sûr.

En sortant du métro, j'ai trois minutes à pied. J'envoie un message. La réponse c'est qui êtes vous ? Gli-gli a donné un faux numéro, exprès ou pas, va savoir. Il y a une jolie version possible, et une moins jolie. On s'en fout. J'ai trois minutes de mmmmmpffffffh, et puis après ça me fait rire.

Au suivant, on appelle le 37 au guichet.

lundi 6 mars 2006
21:58 :: généralitudes

L'ellipse et moi

Je sais que ça devient illisible ici, je ne parle plus qu'à moi. Il y a trop de choses, d'un seul coup, et pas assez de temps. Il y a trop de monde identifiable qui me lit, aussi. Trop à qui je ne veux pas raconter, pas concernés, foutez-moi la paix.

En attendant que je sorte de ma grippe, ce qui me rendra immédiatement plus aimable, écoute-ça, après tu peux mourir. Chaque fois que ça passe dans l'ipod, moi je décède quelques minutes, je me décorpore, je dis ben oui, évidemment.

Holden - Madrid
Holden - Madrid

Après je reviens, c'était pour de faux, mais ça fait du bien de mourir quelques minutes par jour. Ca détend.

Des heures au téléphone à se prendre la tête. Je ne te demande rien, je n'exige pas la moindre chose, alors reste tranquille. On verra. Ne t'inquiète pas. Est-ce que je m'en fais moi ?

Ils ont installé le net et un relais pour le téléphone mobile dans la fosse à baltringues. Ca capte à mort maintenant, et je peux te dire que ça y va à fond les manettes. Je reste détendu, de toute façon j'ai la grippe et je vais sans doute en mourir temporairement un jour ou deux. Ah, je l'ai déjà faite celle là, mais je ne m'en lasse pas.

Parce que j'aimerais que tu comprennes, aussi, qu'on m'a déjà eu comme ça tu vois. La fusion, je l'ai en horreur maintenant, c'est du pipeau tout ça, des trucs qu'on te raconte dans les livres. Mais c'est pas vrai, ça marche pas, le fusionnel c'est ta propre mort à petit feu. Quand on te défusionne, t'es là, comme un con, t'as plus rien. Démembré. Alors non, pas possible, je veux conserver tous mes morceaux.

Et tu t'étonnes quand je te dis que ma grande crainte, c'est la mort des autres, et que derrière ça c'est sans doute la mienne qui m'angoisse. Faut dire, aussi, qu'on m'a bien latté la gueule avec ça à un moment, mais j'ai pas envie de te raconter. Faut dire, aussi, que j'ai 5 ans ou un truc du genre de divan derrière moi. Alors je commence à me connaître. J'ai le méandre cartographié.

Deux filles qui faisaient la paire
Riaient si fort que la plus belle
A bien failli mourir
Mourir de joie

Quand je dors avec quelqu'un, au début, toutes les nuit je me réveille, dix fois, ou plus, et j'écoute pour vérifier qu'il respire bien. Et parfois je panique parce que j'entends rien. Mais c'est juste que j'écoute mal. Après ça passe, mais pas définitivement. Alors tu crois quoi, avec tes histoires, que je vais me laisser entourlouper une fois de plus dans ce genre de conneries ?

J'ai la grippe, et ça rend con la grippe, tu vois ?

jeudi 2 mars 2006
18:34 :: généralitudes

L'attaque du clone

Face au miroir. Toi et moi. Il y a quelque chose d'inquiétant. Même tenue, même gabarit, mêmes lunettes. Nos visages interchangeables. Je ne te connais pas, à peine la saveur de tes joues, l'odeur de ton cou. Il y a quelque chose de délicieux. Ta langue dans ma bouche. Je ne crie pas "coupez!" comme cette autre fois. Je pense "elle était bonne, mais on la refait". Juste au cas où.

Toi dans mon dos, tes bras serrés autour de mes hanches, ton costume qu'on ne retirera pas. C'est comme s'étreindre soi-même. Face au miroir. Même sourire, mêmes mots. Il y a quelque chose d'inquiétant. Clonage thérapeutique.

Je vais avoir mal, mais ce n'est pas pour tout de suite.

Toi et moi. Sur un banc public, banc public, banc public. Le grain de sable dans mes rouages, l'imprévu auquel il fallait s'attendre.

Je vais avoir mal, hein, dis ? Mais pas tout de suite. Hein ? Dis ?

Tu m'embrasses sur le quai du métro. Tu m'embrasses au salon de thé. Il y a ta main dans la mienne. Et quelqu'un qui t'attend chez toi.

Le grain de sable, le seul garçon que je ne consomme pas. Je vais sans doute avoir un peu mal, alors en attendant, viens plus près. Parce que là, tout de suite, j'ai plutôt le sourire aux lèvres.

Natalie Dessay et Danièle Millet - Duo des Fleurs (Lakmé)
Natalie Dessay et Danièle Millet
Duo des Fleurs (Lakmé)

mardi 28 février 2006
00:17 :: généralitudes

Camilla, you've come back !

Talkin' to me ? Oui. Je pourrais écrire. Je vais le faire d'ailleurs. Je raconte quoi ? Que les cartons disparaissent lentement mais sûrement ? Que la kozlication, c'est bon ? Que je vais bientôt poster ici parce que je le vaux bien ? Que je vais aussi écrire ailleurs, mais que tu le sauras pas ? Que Rigoletto ? Que Paris, putain de bordel, Paris ? Que j'attrape une migraine à/chez Ikéa ? Que basement, phonétiquement, c'est surprenant de justesse ? Que Virginia, Rita, Betty et la skieuse sont sur leurs nouveaux murs, et que ça leur cloue (momentanément) le bec ? Que ma mère, mon chat, les bébés, tout ce train, en quatre jours ? Que ma chair, agréablement faible, s'affame à mesure que je la nourris ? Que la souris a survécu sans trous dans le carton ? Que les mails en retard ? Que les Gildas (l'opératique, qui expire, et la vraie, qui inspire) ? Que la fosse à baltringues, par moments, ça peut te faire vraiment ricaner ? Que j'écris mal, là, tout de suite, mais que je le sais ? Que je dis pas le temps là, mais on se voit la semaine prochaine ?

Mais tu ne comprendrais pas ce que j'essaie de dire, parce qu'il se passe d'autres choses, parce qu'il y a beaucoup trop de private jokes avec moi-même, parce que j'ai mes vilains (et délicieux) petits secrets.

Sarah McLachlan - Dirty little secrets (Thievery Corporation remix)
Sarah McLachlan - Dirty little secrets
(Thievery Corporation remix)

Alors pour ce soir, j'en reste là, mais tu ne perds rien pour attendre. Laisse-moi juste me remettre de tout ça, que je m'y engouffre avec plus de délectation encore...

samedi 11 février 2006
23:18 :: généralitudes

Vu sous cet angle

Rita : Tu crois qu'il essaye de nous dire quelque chose ?
Betty : Sais pas. Il s'agite, mais ça bouge pas des masses.
La Skieuse : Je m'ennuie. Elle est où ma luge ? Dans un carton ? mpffff...
Virginia : Fear no more the heat o' the sun...
Betty : Dix contre un qu'il ne s'en sortira pas.
Virginia : ... Nor the furious winter's rages
Rita : Virginia tu commence vraiment à faire chier avec ton Shakespeare, tu sais ?
La Skieuse : Oui, tiens, va plutôt jouer avec des cailloux près de la rivière.
Virginia : Connasses.

vendredi 10 février 2006
20:33 :: généralitudes

Toujours quelque chose à dire

Talking bitches

La skieuse : Pourquoi il nous a décrochées ?
Betty : Regarde, il vire les plantes aussi
Virginia : Words, English words, are full of echoes, memories, asso...
Rita : Tu crois qu'il nous emmène avec lui ?
La skieuse : J'ai froid. C'est quand qu'on arrive ?
Virginia : The leaden circles dissolved in t...
Betty : Qu'est-ce qu'elle m'emmerde l'anglaise à parler toute seule.
Rita : You're driving me wild.

vendredi 10 février 2006
17:27 :: généralitudes

J'emballe à mort

J'ai dit adieu au boulot. Je me suis même pas vengé de la biatche, elle a eu son au revoir comme tout le monde. Tu ne vaux même pas ma colère. Tu sais que je sais, c'est suffisant.

Faut dire qu'ils avaient fini par me coller le bourdon. Certains, les larmes aux yeux. Jusqu'à ma conservatrice, la femme qui en 6 ans n'a jamais laissé passer la moindre trace d'émotion sur son visage. On s'est croisés dans les toilettes, et on avait l'air un peu con à se laver les mains, et j'ai dit "Merci pour tout, j'ai beaucoup aimé travailler avec vous, et je n'oublierai pas ce que vous avez fait pour moi". Quand elle a voulu ressortir, elle n'a pas réussi à ouvrir la porte, elle poussait au lieu de tirer, avec son bras qui tremblait et son nez qui reniflait. Dans le couloir, elle a repris sa contenance, et elle a fini, royale, par "Vous avez intérêt à terminer votre licence, c'est trop bête de ne pas vous y remettre. Comptez sur moi pour vous le rappeler jusqu'à ce que ce soit fait". On s'aimait bien, mine de rien.

Help !Aucune idée de la raison qui m'a poussé à faire ça, mais j'ai passé la journée à prendre la médiathèque en photo. Sous tous les angles. Et puis les gens, leurs visages. De bureau en bureau, je les ai enregistrés par surprise. Je suis beaucoup trop sentimental. J'ai fait des bises, j'ai été serré dans des bras. A la fin, je me suis enfermé dix minutes parce que j'avais une putain de sa mère de poussière dans l'oeil, avec toutes ces conneries. J'ai rendu mes clefs et mon badge, et c'était terminé.

J'ai dit adieu à Sigmunda, pour la deuxième fois. Sauf que ce coup-ci, j'ai l'adresse d'un autre analyste dans la poche. Cette andouille a dit "C'est la dernière séance", et moi après j'avais Eddy Mitchell dans la tête.

Et là, j'ai emballé la souris, qui faisait sacrément la gueule. Je lui ai expliqué qu'aucun traité européen ne m'obligeait à percer des trous dans le carton pour qu'elle respire. Et que dans trois ou quatre jours, je la déballerai à Paris.