Toujours pas de nouvelles de Madame Sigmund, la sainte femme qui a accepté de me pomper du fric pour que je me paluche les neurones sur son canapé. Grosso merdo, ça va faire 3 semaines - un mois. Elle est peut-être morte maintenant. Ou otage dans un pays balte. Ou en croisière sur le Pacific Princess, direction Puerto Valarta. Ou en pleine chimio pour un cancer du "ça". Ou capturée sur le vaisseau mère et cobaye d'une horde d'aliens visqueux. Tout ceci pouvant être considéré comme des urgences temporaires j'imagine.

Je ne peux pas dire que ça ne va pas. Elle a disparu de la circulation à un moment de mon analyse où je patinais tranquille. J'y allais par habitude, pas vraiment envie, pas vraiment pas envie. Je savais juste que je n'avais pas fini. Ces périodes floues font partie de l'analyse, comme les périodes où tout avance à pas de géants et celles où l'on refuse d'y aller.

Si je me regarde aujourd'hui, ce que je vois m'impressionne. C'est vrai, ne riez pas. Je ne prends plus d'anti-dépresseurs. Je gère ma vie comme je peux, mais je gère, c'est déjà énorme. Je prends des décisions. Je parle aux gens. Le monde extérieur n'est plus une agression perpétuelle. Je n'ai plus cette sensation de me cogner chaque fois que je fais un mouvement. Je n'attends plus systèmatiquement des autres qu'ils fassent les choses à ma place. La liste est longue, je m'arrête là pour cette fois.

Mais le sentiment actuel est indéfinissable. Je veux mon divan. J'ai quelques cauchemards à tripatouiller, quelques situations à déméler, quelques comportements à comprendre. J'ai pas fini. Vraiment pas.

(Madame Sigmund, si tu m'entends, reviens, il ne te sera fait aucun reproche)