Madame Sigmund aime bien appuyer là où ça fait mal. C'est son côté dominatrice-rêve-de-cuir qui ressort. C'est pour ça que je la paye. C'est pour ça qu'à certains moments, je la giflerais bien. Au fond je sais bien que c'est moi qui lui dit d'appuyer, je la supplie presque, parce que je ne sais pas me faire mal tout seul, j'ai besoin qu'on me donne un coup de main. Sur le visage.

On a parlé baffes aujourd'hui, les baffes propres et les baffes figurées. J'ai les joues bien rouges en sortant mais ce n'est rien, c'est juste mon inconscient qui prend son pied. Il aime bien me gifler de l'intérieur. Mais je tiens bon, je ne pleure pas. Même pas mal. De toute façon je ne pleure que s'il faut détapisser.

Je suis un garçon hanté, comme on dirait d'un manoir dans lequel se balade un fantôme. J'ai les escaliers qui grincent, les portes qui claquent toutes seules, les bougies qui s'éteignent sans le moindre vent, et à l'oreille une voix lugubre me murmure "va-t-en, tu n'es pas chez toi ici". C'est parce que je ne m'appartiens pas encore, mais j'y travaille. C'est comme dératiser ou virer les cafards, sauf qu'on ne voit jamais le parasite, alors ça prend plus de temps.