Ahahah, la belle feinte, tout le monde croyait que j'en finissais pas du Pratchett, alors que je me suis envoyé N*P en même temps. Ben oui, Agen-Orléans en train, c'est facilement 5h aller / 5h retour, j'ai largement le temps de m'envoyer des bouquins quand je pars faire chabadabada le week-end. Et de lire Elle en entier. Et le numéro de Technikart avec son dossier sobrement intitulé "La bite génération" qui semblait fasciner ma voisine de TER.

Ah, et je ne vais pas parler du Pratchett en question, parce qu'effectivement j'ai du mal à le finir et qu'il n'est pas très bon. En fait, je crois que je vais arrêter les Pratchett quelques temps. Mais avec les auteurs qui me plaisent à un moment, je suis comme avec certains albums : en boucle jusqu'à la nausée. Blourps.

N*P donc. Lu sur les (forts bons) conseils du Roncier. De re-Yoshimoto, celle qui avait fait Kitchen.

Un auteur. Mort. Ses traducteurs. Suicidés aussi sans avoir achevé leur travail, et à cause de leur travail. Et par petites touches légères, comme une aquarelliste, Yoshimoto fait vivre ceux qui restent, les enfants, les maîtresses. Comment survivre. Là encore, il ne se passe pas grand chose, je veux dire par là qu'il ne faut pas s'attendre à des rebondissments en cascade ou a une action soutenue. Tout est dans la suggestion, rien ne s'embarasse de pesanteur. Les personnages sont difficiles à suivre, parce que nous n'avons pas toutes les clefs, mais terriblement attachants. Comme dans Kitchen, il est question de passage, de grandir, de supporter sa douleur et d'en faire une composante de soi, pas une ennemie. On aura compris que ça m'a plu, je l'ai même trouvé supérieur à Kitchen, bien mieux maîtrisé. Et puis ça me parle de toute façon, vous savez pourquoi maintenant. Ce sujet là, abordé sans pathos et du point de vue des survivants, c'est tellement rare.

Banana Yoshimoto - N*P