mardi 15 mars 2005
14:46
:: sigmundologie
Mes silences ont la parole
- Mmmmmoui ? A quoi pensez-vous ?
(pause plus ou moins longue)
- A rien je crois. Enfin pas à rien. je pense qu'il ne faut pas que je m'endorme.
(variante : "je pense que je n'ai rien à dire")
- Huhu, ça n'est pas très facile en ce moment... je veux dire... parler... enfin... ici ?(re-pause, hisoire de gagner du temps)
- Ca n'est pas difficile non plus. C'est juste... je suis vide, mais pas désemparé, hein, juste la tête vide.
Ca fini par me lancer, pas très loin, deux ou trois trucs qui sortent comme ça. Mais ça remplit un peu l'espace. Je n'ai pas le bonheur loquace. Jusqu'ici, même pas un petit rêve à lui filer en amuse-gueule. Il est loin le temps délicieux de mes cauchemards d'amputation. Les doigts coupés, un bras ou le nez, que des trucs phalliques. On riait bien tous le deux avec ça, ça nous tenait pour quelques séances.
Elle dit que même mes silences sont éloquents, qu'ils ont du sens, ici et maintenant. Enfin, ici et maintenant, ils ont surtout un coût si tu veux mon avis, mais ça je ne le dis pas, je suis trop bien élevé.
Ce soir, elle va être contente, ça fait deux nuits que je rêve de ma grand-mère. Ca ne m'étais pas arrivé depuis l'enterrement. Il y en a un dont je me régale à l'avance, je sens que cette chère Sigmund va en feuler de plaisir:
J'ai avec moi une pile de bouquins que je viens d'acheter. Je suis chez ma tante, avec mes cousines et on papote. On sait tous que ma grand-mère est morte, je veux dire par là que ce n'est pas un rêve où j'aurais évacué cet élément. Ma tante finit par me faire remarquer que c'est son anniversaire aujourd'hui et que visiblement, je n'y ai pas pensé. Ce n'est pas faux, et je panique un peu, sans le montrer. Puis je regarde mes livres, et bien sûr j'ai une idée de génie. J'en prends un dans le tas, et lui offre comme ça, l'air dégagé genre "pfffh, mais non voyons" en disant juste que je n'ai pas eu le temps de l'emballer. Elle l'attrape, regarde la couverture, et me le tends un peu énervée, "ah non, merci bien, mais vraiment ça suffit maintenant". Je lis le titre : "Mes remèdes de Grand-Mère". Je me réveille, et ça me fait ricaner cinq minutes.
Commentaires
1. Le jeudi 17 mars 2005 à 12:40, par M
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