Oui, on peut se moquer, ça fait des plombes que je l'ai terminé et je n'en ai toujours pas parlé. Ca fait quelques autres plombes que je suis sur le Margaret Atwood. J'ai la lecture un peu besogneuse ces derniers temps... la tête ailleurs, à regarder .play.pause avec mes yeux énamourés et mon sourire nunuche, à lui mordiller les oreilles en écoutant Claudine longet faire Hello, Hello, ou Angela McCluskey me dire de la part de Télépopmusik que when love comes calling, don't look back, when love comes calling, don't look away...
(ouiouioui, c'est dans la radio, fais-toi du plaisir auditif, lecteur rare mais adulé, donne-moi la main et chantons ensemble : would you like some of my tangeriiine ?)
Je m'égare, je voulais parler de Coupland. Que j'ai vénéré dès que j'ai lu Génération X. Dont je guette chaque traduction avec une impatience fébrile (et ça sort au compte-goutte, et tout ne sort pas, et je suis scandalisé, blah blah blah). En fouillant les étagères de mon namoureux, je suis tombé sur ce Life after God, jamais traduit chez nous. Après avoir hululé de joie, je l'ai commencé. En anglais, ce qui ne m'était pas arrivé depuis fort longtemps, j'avais un peu peur d'avoir du mal. Et j'en ai eu au début, je ne trouvais pas le lien entre les chapitres et la psychologie du personnage principal me paraissait totalement incohérente. Tu m'étonnes, c'est pas des chapitres... c'est un recueil de nouvelles, je n'ai fait tilt qu'à la troisième. Allez-y, ricanez, si ça vous fait du bien.

Passé ce petit moment "I'm so stupid", je me suis envoyé la chose avec un certain plaisir, mais sans plus. Coupland est un (très) bon romancier, mais pour moi la nouvelle n'est pas le domaine qui lui convient. On retrouve ses thèmes de prédilection (j'ai trente ans, je fais quoi, je vais où, je m'ennuie, est-ce que j'ai vraiment envie de me poser ces questions ou alors de laisser faire, quel est le sens de tout ça ?), qu'il déroule depuis Génération X avec un talent incroyable.

(sauf peut-être qu'il ne sait pas les terminer, ses si bons romans, et que ça vire souvent au n'importe quoi, voire au happy-end inattendu et mal-venu, mais ça n'engage que moi)
Là il n'a pas le temps de poser ses personnages, alors ils manquent légèrement de consistance, et on reste un peu sur sa faim à chaque fois. Une des nouvelles sort clairement du lot : The Dead Speak. Je ne suis pas sur d'arriver à en parler, tellement elle m'a imprégné et m'imprègne encore. Après une explosion nucléaire, quelques morts pris au hasard racontent leur dernière minute, où ils étaient, ce qu'ils faisaient à cet instant précis, les quelques secondes d'incompréhension, le flash, les brûlures, jusqu'au moment exact où ils sont morts. C'est très impressionnant... ou en tout cas, ça m'a beaucoup impressionné.

Douglas Coupland - Life after god