Heureusement, je ne vois pas que des films qui m'énervent, il m'arrive aussi d'être enthousiaste. C'est le cas avec le dernier Araki, qui arrive, sur un thème très casse-gueule et très dur, à produire une oeuvre très belle et très forte.

J'avais un peu peur au départ. Je connaissais Gregg Araki juste par Nowhere. Bon film, ouioui, mais je craignais qu'il utilise les même méthodes à nouveau. Aborder la pédophilie sur un versant trash à la Bret Easton Ellis, yuk, je pense que j'aurais mal accusé le coup.

Je n'ai pratiquement rien à redire. Il a filmé cette histoire avec une pudeur à laquelle je ne m'attendais pas. C'est formellement très réussi, et cette forme se met au service d'un scénario intelligent et de personnages remarquablement bien campés (Joseph Gordon-Levitt est d'une justesse rare). J'ai regretté que les principaux soient mieux servis que les secondaires. Michelle Trachtenberg entre autres, que je n'avais jusqu'à présent pas vue ailleurs que dans Buffy, s'efface d'un coup, c'est dommage. D'abord parce qu'elle joue très bien, ce que je soupçonnais déjà, mais surtout parce que son personnage aurait mérité plus de place. Mais je ne sais pas si Wendy est mieux mise en valeur dans le roman de Scott Heim.

Bref, c'est un très beau moment de cinéma, et la petite Cosette en moi à évidemment pleuré à la fin, ce qui n'est pas une référence pour autant, j'ai la larme facile devant un écran.

Mysterious Skin - Greg Arakki