Siri Hustvedt - Tout ce que j'aimaisHa ca, il m'en a donné de la peine celui là. La faute au titre, qui tombait fort mal, vous en conviendrez, en cette période de jachère amoureuse. N'empêche, si j'ai eu du mal à en venir à bout, ce n'est en tout cas ni à cause de l'écriture, ni à cause de l'auteur. C'est juste que le sujet. Là, tout de suite, j'arrivais très moyennement à le séparer de ma vie. Alors j'y suis allé à coups de 25 - 30 pages par soir, juste de quoi m'assommer. C'est pas pour ça que je dormais mieux, mais au moins je m'endormais, prêt pour le cauchemard du jour. Je m'égare, huh ? Je sais.

Comme je ne fais rien comme tout le monde, je préfère Siri Hustvedt à son mari. Ouais. Lui, il ne m'a scotché qu'une fois, avec un roman dont je ne me suis jamais vraiment remis : Le voyage d'Anna Blume. Hustvedt, elle, elle m'a eu à tous les coups, avec Les yeux bandés d'abord, et L'envoûtement de Lily Dahl ensuite. Pourtant j'ai quelques menus reproches à lui faire. Enfin, essentiellement, un certain manque de maîtrise. Ca part on ne sait trop où, ça digresse, ça superflute. Mais mais mais, le sujet est bon, le style est fluide, alors on pardonne.

Là, ça digresse encore. On va où ? ben nulle part, et partout, à travers des vies singulières, des bonheurs instables et des drames foudroyants. Alors cette fois, je me suis dit que la digression et les petits trucs racontés qui ne servent un peu à rien, ils collaient à leur sujet. Dans ta vie aussi, penses-y, il y a plein de trucs inutiles tous les jours. Et je me suis rendu compte à la fin qu'ils avaient leur place, tous ces non-évènements, et que tout s'emboitait à merveille. Et une chose aussi, le personnage principal, c'est quand même New-York, et ça...

Bon, sur ce, je passe à Darrieussecq et son Bébé. Je n'ai pas encore pu choper Le pays, dont j'attends beaucoup, dans les rayons de la médiathèque, mais ça ne saurait tarder. Oui, Darrieussecq est dans mon panthéon des auteurs francophones contemporains géniaux (avec Angot, je le rappelle histoire de me re-faire des ennemis). Mais on en parle un autre jour.

Et pas la peine de me faire remarquer qu'en ce moment j'écris mal, je sais. Quand je pourrais dormir, je ferai un effort.