Marissa Nadler Elle est jolie Marissa Nadler. J'aime bien les chanteuses jolies. Et elle s'est sans doute échappée de l'ére victorienne. J'aime bien les chanteuses qui se trompent d'époque. Je sais, c'est pas avec elle que je vais chasser le spleen. Mais c'est plus fort que moi, je n'arrive quasiment pas à passer autre chose depuis une semaine. Je m'enfonce doucement sous l'eau, oui. Mais j'ai pris une grande respiration avant. Alors ça devrait aller.

Marissa Nadler - Annabelle LeeMarissa Nadler - Annabelle Lee Hors-ligne

Marissa Nadler - Ballads of living and dyingElle chante du Edgar Poe, comme ici avec Annabelle Lee. Elle chante du Neruda aussi, et puis des textes à elle. C'est, bien sûr, terriblement triste. Je me croirais presque revenu à ma période vaguement gothisante, cheveux longs, teint blafard, poids du monde sur les épaules. Si j'ai des journées à peu près survoltées, mes soirées, elles, sont longues, et pénibles, et angoissantes, et tristes. Marissa Nadler m'aide à les meubler un peu. Je pourrais écouter des choses un peu plus joyeuses, me faire un revival B'52s, mais c'est au dessus de mes forces. Alors je repasse Ballads of living and dying.

Marissa Nadler - Under an old umbrellaMarissa Nadler - Under an old umbrella Hors-ligne

Marissa Nadler - The Saga of Mayflower May Dans Under an old umbrella, elle a même mis des cloches tout le long. Je ne résiste pas à un morceau qui résonne de dings et de dongs bien placés. Ca me rappelle Mrs Dalloway et son refrain qui marque la coulée du temps. Ding. The leaden circles dissolved in the air. Dong. Ses airs sont tous précieux, comme brodés lentement. Je la verrais bien assise dans un grand fauteuil au coin du feu. Elle porterait une robe comme on en trouve chez E. M. Forster ou Jane Austen. Je me verrais bien à côté d'elle en train de l'écouter. Je serais un peu amoureux d'elle, mais elle garderait ses distances. Au moins, je ne me consumerais pas dans le vide. Ca me changerait.

Marissa Nadler - Old love haunts me in the morningMarissa Nadler - Old love haunts me in the morning Hors-ligne

Comment veux-tu que ça ne me parle pas, là, tout de suite. Old love haunts me in the morning. Moi c'est plutôt in the evening, hein, quand ça me prend. Je reconnais qu'elle chante un peu toujours la même chanson, et qu'elle parle un peu toujours d'amour perdu, d'amour trompé, de fins tragiques. Je reconnais que je suis tombé sur elle au pire (ou au meilleur, selon le point de vue) moment pour ça. Faut pas chercher. Fais chuchoter ta guitare, dis-moi encore et encore que la vie est triste. Je te crois. Fais-moi visiter ta forêt. J'ai besoin de ballades. J'ai besoin de compagnie. J'ai besoin qu'on m'emmène, n'importe où, mais par la main. Et en douceur.