mercredi 9 novembre 2005
17:19
:: généralitudes
Mercredi, assume tes nuits
Je sais, le gimmick je fais rimer mes titres, c'est nul. Je ne suis pas très doué pour les titres. Ni pour dormir. En revanche, pour ce qui est de m'étaler sans le moindre scrupule ici, là je deviens assez fort. Alors je vais me fendre d'un petit topo sur le monstre sous le lit. Momentanément je ne vois que la dissection écrite pour tenter de l'empêcher de nuire.
Le monstre sous le lit peut surgir à tout moment du soir. Même si la journée a été bonne et que tu crois que rien ne peut t'arriver. Ton esprit est clair, voire positif, et tu es très fatigué parce que tu dors fort mal depuis beaucoup trop longtemps. Quand tu te glisses sous les draps, tu t'endors presque aussitôt, tu as juste le temps de penser chouette, une vraie nuit, et zou, inconscience.
Le monstre sous le lit n'attendait que ça pour te dégommer la gueule. Il commence par faire glisser ses tentacules, tout doucement. L'une d'entre elles arrive assez vite jusqu'à ton visage, et pénètre par une oreille, ou la bouche, ou une narine. Peu importe le chemin, le tout étant d'arriver au cerveau sans faire de bruit. Les autres suivent, t'encerclent, t'immobilisent fermement. Tu ne t'es rendu compte de rien, tu rêves de prairies ensoleillées... pour l'instant.
La tentacule a maintenant une prise ferme sur ton cerveau, elle commence à diffuser son venin. Au dessus de la prairie, le ciel se couvre vite. La pluie commence à tomber. Les fleurs fanent. Les petits animaux malicieux qui gambadaient ont soudain des crocs de carnassiers et les yeux rouges de colère. Le venin agit vite, il est redoutable.
En quelques secondes, c'est la désolation. C'est le moment choisi par ex-amoureux-qui-vit-dans-ton-inconscient pour apparaître. Il a l'air a peu près aussi en colère que les petits campagnols mangeurs d'homme. Et il se met à parler. Il n'a pas grand chose à te dire. Ca tient en quelques mots, répétés, répétés, répétés... Tu es mort tu m'entends ? Complétement mort. Tu es mort, t'as bien compris ? Mort. Mort. MORT. Et tu sens bien que t'annoncer ça lui procure un plaisir qui vaut bien dix orgasmes.
La tentacule peut se retirer, le monstre sous le lit ricaner de contentement, et toi te réveiller en sursaut. Et pleurer, pleurer, pleurer. Parce que tu ne sais pas, pendant quelques minutes, si c'est vrai ou non, et tu crois que tu es mort, ou que tu vas mourir dans la seconde. Parce que tu ne sais pas, pendant quelques instants, si tu ne voudrais pas que cela soit vrai. Et parce que tu as cette image de l'ex-amoureux-qui-vit-dans-ton-inconscient, en rage après toi, et qui jouit de ta disparition. Et tu pleures de plus en plus, et tu te dis que c'est comme ça que tu vas mourir, noyé dans ta propre liquéfaction.
Après, je l'ai dit, tu fais n'importe quoi, comme envoyer le mail le plus pathétique de la terre à la seule personne qui ne devrait pas le recevoir, qui n'est plus là pour te rassurer, qui n'en fera rien, qui ne comprendra pas d'où ça sort. Ou qui s'en fout, sans doute avec raison. Parce qu'il n'est pas ex-amoureux-qui-vit-dans-ton-inconscient. Il est ex-amoureux-de-la-vraie-vie. Et il n'ont rien à voir l'un avec l'autre.
Assume tes nuits. Loser.
Commentaires
1. Le jeudi 10 novembre 2005 à 12:11, par lelapin
2. Le jeudi 10 novembre 2005 à 12:12, par :o(
3. Le jeudi 10 novembre 2005 à 20:57, par yann2lille
4. Le jeudi 10 novembre 2005 à 21:01, par david
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.