Je t'annonce la vraisemblable mort du monstre sous le lit. Je reste vigilant, mais je crois que je lui ai fait la peau. L'application immédiate de ma stratégie porte ses fruits de façon fulgurante. Et je comprends une chose. Après tout ce temps passé chez cette vieille Sigmunda, à défaire les noeuds les plus gros, j'ai absorbé son divan. Il suffit juste que j'en retrouve le chemin, c'est le plus compliqué quand ça va mal. Parce qu'il est caché au fin fond du cerveau. Et que je me laisse distraire facilement en route.

Alors j'ai trouvé. D'abord le monstre sous le lit, qui ne m'a pas offert trop de résistance au bout du compte. Il faut juste le fixer droit dans les mirettes et lui dire dégage, you're not welcome. C'est assez docile, finalement, un monstre. Ensuite, une fois qu'il s'était barré, j'ai pu faire face à ex-amoureux-qui-vit-dans-mon-inconscient. En faisant fi de ses yeux enragés. Et comprendre qui se cachait derrière, et pourquoi sa colère, et pourquoi il voulait ma mort, et pourquoi ça m'obsédait. Il s'en est évaporé, vexé. Tout retrouve sa place.

J'ai dormi, dormi, dormi. Sans rêves, sans cauchemars. Ce matin je me suis coupé les cheveux. Et j'ai vu ma tête dans la glace de la salle de bains. Et c'était moi à nouveau. Et j'ai eu une petite pensée pour Jil Caplan, dont un air me trotte dans la tête depuis deux jours. On ne se moque pas.

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