Au moins vous serez prévenus.

J'avais écrit "Je coule, c'est tout, et je croyais que je savais nager, on m'a bien eu.". C'était dans ce message humiliant qui a signé la fin de toute communication entre lui et moi, envoyé après un énième cauchemar. Sur le moment, je n'ai pas vu à quel point j'étais dans le vrai, avec mes métaphores affligeantes. Sauf que je ne coule pas, je surnage. C'est déjà ça. Mais ça ne me suffit pas.

Je ne dors presque pas. Je ne mange pas assez. Je baise un peu. Je m'ennuie beaucoup. Je sors parfois picoler. J'ai quelques éclats de rire. Je pleure un coup. Ca dépend des jours, ça dépend des heures, ça dépend des gens. On aurait dû m'appeler Dépendance. Ou Versatile. Je suis englué. Echec complet, ou pas, je ne sais plus, je n'ai pas envie d'y réfléchir.

Tout à l'heure, ça ira bien, c'est ça la cyclothymie. Je ferai le billet sur le disque du moment. Celui que j'avais promis pour hier. Ma parole ne vaut rien.

Encore une preuve : la tondeuse a gagné, hier soir, son long travail de sape. Et c'est donc le poil court, l'oeil humide et la boite d'anxiolytiques dans la poche que je me rendrai à mon rendez-vous. Mercredi. Chez Madame Sigmund. Fort surprise de m'avoir au téléphone tout à l'heure.

(certaines parties de ce dialogue, basé sur des faits réels, ont été romancées pour les besoins du scénario)

[tremblottant] C'est Monsieur (raindrops), vous vous souvenez de moi ?
[vaguement vexée] M'enfin, évidemment...
[soupir géné] Est-ce que vous pouvez me recevoir ? Mmmh... Vite ?
[grognements, cherchages dans agenda] S'maine pr'chaine ? (gnnnngnnnn) Mercredi ? (gnnnngnnnn) 18h30 ?
[début de sanglot étouffé en beauté] Mouiche, crébien, à bientôt. Bisous ma puce.
[glamour] Bisous mon lapin, à trés vite, je me languis déjà.

Chérie, je ne vois plus que toi comme recours, là. Ma parole vaut quelque chose chez toi. Ca je ne l'ai pas oublié.