(raindrops)

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mardi 7 décembre 2004
15:43 :: lecturation

Egéries

Double-Chon est un amour, c'est pas pour rien qu'on a un joli pacs à nous avec nos jolis noms dessus. C'est tellement un amour qu'en venant ce week-end, il m'a ramené de Paris le fameux magazine qui doit m'apprendre à penser gay.
(sisi, c'est écrit dessus : c'est "le magazine de la culture gay", rien que ça. Et puis s'y on regarde la tranche, on voit le rainbow flag, c'est une preuve)
Bon, ben c'est une bonne grosse daube pas très folichon, comme je pouvais m'y attendre. Je suis méchant ? C'est parce que j'ai un mauvais fond. Et qu'Egeries en manque tout simplement. De fond. Et que moi je ne dois pas être assez coeur de cible, pas assez gay quoi.

Quatre pages d'interview des biographes non-autorisés de Mylène Farmer, la v'là ta culture gay ducon. Un journaliste qui demande sans la moindre malice apparente à un auteur "Donc on peut être homo ailleurs que dans le Marais ?". Putain, ça m'énèèèèèrve. Ah, un dossier qui doit faire la moitié du numéro sur pink TV, ça manquait aussi. Et déjà, s'ils pouvaient relire leurs articles et s'arranger pour éviter en moyenne une faute d'accord à chaque colonne, ça ferait un peu plus sérieux. Oui, oui, tout le monde fait des fautes, moi le premier, mais quand j'achète un journal ça me gave, désolé.

(Remarquez, c'est déjà mieux que Préférences qui publie carrément des brouillons de ses articles sans s'en rendre compte, ce qui prouve sans doute que la relecture ne doit pas être intégrée à la culture gay.)
Bref, j'accroche pas spécialement, c'est rien de le dire. Et ça m'énerve de retomber sur une resucée de Têtu (dont je ne suis pas un grand fan, mais qu'il m'arrive de lire de temps en temps avec plaisir) en moins bien en plus. Mais en lisant leur dossier de presse d'avant lancement, j'aurais dû m'en douter : "[...]Egéries, c'est glamour et paillettes [...]". Ah ben voilà, moi je suis juste pédé, c'est pour ça.

Egeries

vendredi 3 décembre 2004
23:01 :: lecturation

Virginia Woolf for dummies

Le dossier du Magazine Littéraire de décembre s'intitule Virginia Woolf - fragments de vie. Inutile de dire que je me suis précipité chez mon gentil kiosquier.
(qui, en passant, n'a pas le moindre exemplaire d'Egeries, nouveau magazine auquel j'aurais bien accordé un peu d'attention histoire de voir, et qui a le bon goût de mettre le joliment velu et fortement désirable Robbie Williams en couverture, tant-pis-tant-pis )
C'est étrange de relire le Magazine littéraire, j'ai arrêté en même temps que je quittais la fac de lettres modernes. La maquette a un peu changé (il était temps). Les couvertures sont toujours très laides, c'est un peu leur marque de fabrique, ça doit leur faire plaisir. La mise en page s'est nettement améliorée, la qualité du papier aussi, et on ne rit pas je trouve ça très important.

Je ne vais pas dire grand chose sur le contenu pour l'instant, je n'ai fait que feuilleter la chose. J'ai vu qu'il y avait une interview de Michael Cunningham, celui qui a écrit le brillant The Hours dont on a tiré (je sais, je me répète) le fort mauvais film que vous savez et qui a plu à tout le monde sauf à moi.

Pour ceux que ça intéresse, il y a déjà eu un dossier Woolf dans le numéro 275 du même magazine (mars 1990), que je conserve pieusement. Comme souvent, il était déjà très réussi. En refaire un 15 ans plus tard ne me paraît pas trop répétitif, j'ose imaginer qu'ils n'ont pas recyclé leurs vieux articles... D'autant que depuis il y a eu au moins deux ouvrages d'importance sur l'auteur :

  • Virginia Woolf ou l'aventure intérieure d'Hermione Lee, bon gros pavé à ne pas lire d'une traite (pour moi en tout cas, c'est très morcelé !) mais passionnant
  • V.W. de Geneviève Brisac et Agnès Desarthe, pas encore lu mais qu'il me tarde d'avoir entre les mains vu ce que les critiques en disent.

mardi 30 novembre 2004
17:31 :: lecturation

Terry Pratchett - Carpe Jugulum

On poursuit les aventures de nos sorcières, cette fois elles luttent contrent des vampires (ou vampyres, selon qu'ils sont snobs ou pas) qui veulent prendre possession du royaume. Problème : ils se sont "désensibilisés" pendant des années à l'ail, aux symboles religieux et à la lumière du soleil, comme on le ferait avec les acariens! Ce qui les rends fort peu vulnérables.

Pas grand-chose à en dire en fait. J'ai encore beaucoup ricané, il y a des passages vraiment excellents où je me suis esclaffé tout seul... mais... mais... mais...

Voilà, je ne l'ai pas trouvé à la hauteur de ceux que j'avais lu précédemment, Mécomptes de Fées en tête. C'est plus une succession de saynètes rigolotes qu'une histoire vraiment palpitante. C'est trop décousu à mon goût. Et c'est dommage, car le personnage d'Agnés, avec sa double personnalité et sa Perdita

(sauf que pour moi, Perdita me fait systèmatiquement penser à Perdita Durango, nom qui doit vous dire quelque chose si vous aimez Lynch, mon maître, mon héros, mon dieu. Bref, ça m'a géné pendant la lecture, mais je doit être le seul)
qui lui balance des saloperies en direct depuis le cerveau aurait mérité d'être plus fouillé. Enfin, c'est peut-être le cas dans un autre volume, vu que je ne les lis pas dans l'ordre chronologique, je n'en sais rien. Donc ce n'est pas que je déconseille cet opus, c'est juste que je l'ai trouvé un peu mou, habitué que j'étais à la truculence des précédents.

Terry Pratchett - Carpe Jugulum

samedi 27 novembre 2004
11:01 :: lecturation

Banana Yoshimoto - Kitchen

J'avais pris ce livre vraiment par hasard un soir en partant du boulot, sans savoir où je mettais les pieds. Je fais ça une fois de temps en temps, je passe devant l'étagère des retours du jour et j'en prends un au hasard. Je me laisse surprendre, et puis ça m'évite de toujours lire les mêmes auteurs. Souvent c'est pas l'extase, faut pas croire, mais parfois, malgré tout, la pêche est bonne.

Avec Kitchen, je suis bien tombé. Dans les deux nouvelles, on parle de choses qui me touchent de près, la perte de quelqu'un, et la survie après la perte. C'est le travail du deuil et de la reconstruction qui s'effectue au fil des pages. Je ne vois pas comment en dire plus sans déflorer totalement les histoires, donc je vais m'en tenir là.

Comme Alex, j'ai préféré la deuxième (Moonlight Shadow), plus condensée, plus irréelle aussi. Mais dans les deux on retrouve ce sentiment étrange de flottement. Curieusement, les personnages me semblaient tous être en apesanteur et ballottés mollement au gré du vent. La lecture était très douce, malgré la tristesse des thèmes abordés.

Banana Yoshimoto - Kitchen

mercredi 10 novembre 2004
12:10 :: lecturation

Nancy Huston - Dolce Agonia

Contrairement à d'autres, Nancy Huston ne m'a jamais déçu, elle. La première fois que je l'ai lue, c'était par hasard et c'était Instrument des ténèbres. Le genre de livre impossible à lâcher, même s'il est très tard et qu'on a très très sommeil.
(Même effet, pour des raisons très différentes, avec La maison des feuilles de Mark Z. Danielewski. Un livre sans fond, dans lequel on chute inexorablement. Rien à voir avec Huston, mais Fabienne en parlait il n'y a pas longtemps et a lire la brève évocation, j'ai retrouvé cette sensation d'angoisse sourde que la lecture avait provoqué. Et je me suis souvenu des longues nuits passées à lutter contre mes yeux qui brûlaient en compagnie de cet objet. Si vous l'avez ne serait-ce que feuilleté, vous comprenez sans doute pourquoi je ne dit pas "livre" mais "objet". OVNI conviendrait aussi. Lisez-le si vous savez que vous pourrez lui consacrer du temps,et si vous sentez que vous pouvez l'affronter. Ne riez pas, ce livre peut ébranler votre belle confiance en vous)
J'en étais où ? Oui, Huston, jamais déçu, tout ça. He bien Dolce Agonia m'a tenu éveillé aussi. C'est moins magistral qu'Instruments des ténèbres, mais l'effet est là malgré tout. D'abord parce que Nancy Huston a une écriture et une langue où chaque mot semble pesé longuement. Peut-être parce qu'elle est anglophone et qu'elle a choisi d'écrire en français ? J'ai toujours trouvé cela incroyable, écrire dans une langue qui n'est pas sa langue maternelle, surtout quand c'est fait avec une telle maîtrise.

L'histoire vite-fait : rien de transcendant, un dîner de Thanksgiving où sont réunis une dizaine d'amis vieillissants. Les langues se délient au cours du repas, les souvenirs remontent. L'intérêt vient surtout de la construction : un chapitre, une étape du dîner. Les histoires douloureuses ou heureuses de chacun s'aggrègent au récit. Entre chaque, un bref chapitre consacré à l'un des convives, où l'on apprend de la voix d'un créateur omniscient et dénué d'affects... quand et comment il mourra. Cela donne progressivement au roman une tonalité de plus en plus crépusculaire. Et à chaque fin de chapitre, on craint de tomber sur le décès d'un des personnage auquel on s'attachait. Et ils y passent tous. Non, ce n'est pas joyeux, mais le titre ne laissait pas présager qu'on allait gambader dans une prairie verdoyante. Par certain côtés, j'ai aussi pensé à Woolf et à son obsession de rendre au mieux le "stream of consciousness" par l'écriture.

(je vous ai déjà dit de lire Mrs Dalloway, vous attendez quoi ? Hein ? Et ne le lisez pas parce que vous avez vu The hours qui, contrairement à ce qu'on essaie de nous faire croire, est un très mauvais film, tiré d'un très bon livre de Cunningham, lui même ouvertement inspiré par Mrs Dalloway. Sans rire, j'adore Nicole Kidman, c'est l'une des actrices les plus douées actuellement, mais en Woolf elle était ridicule. Meryl Streep était ridicule aussi, et pénible à souhait. Il n'y avait que Julianne Moore pour s'en sortir sans trop de dégâts. Mais Julianne Moore je lui pardonne tout de toute façon.)

Nancy Huston - Dolce Agonia

mercredi 20 octobre 2004
20:11 :: lecturation

Christine Angot - Les Désaxés

J'en suis finalement venu à bout. Non sans mal. Et j'ai tenu sur les conseils d'ivresseduciel au cas où il y ait quelque chose à sauver. Et ben non. Angot n'aurait jamais dû se mettre à la fiction mais rester sur le sujet qu'elle maîtrise le mieux : elle. Là elle essaie d'inventer, ça lui a sans doute pompé toute son énergie. L'écriture est poussive, indigeste, lourde. Le livre entier est à l'imparfait, ça plombe tout.

On pourrait se dire qu'elle a privilégié l'histoire. Ben non. Un couple qui n'en finit pas de se séparer, et je reviens, et je repars, et je t'aime toujours, mais ça peut plus durer, et tu es psychotique mon ange, ad lib. On peut éventuellement penser que le style utilisé est là pour appuyer le fait que l'histoire n'en finit pas. Bel effort, oui oui. Mais 1) je ne suis pas sûr que ce soit vraiment fait exprès 2) ça ne rend pas le bouquin plus digne d'intérêt.

Donc non, je ne la suis pas sur ce coup là. Ca n'enlève rien à tout le bien que je pense d'Angot. Et je maintiens qu'elle a du génie sous le cuir chevelu, mais sur ce coup-là il s'était barré manger des crêpes au sucre ailleurs.

Christine Angot - Les Désaxés

vendredi 15 octobre 2004
00:47 :: lecturation

Heu, Chri'tine ? Youhou ? Chri'tine ?

Je sens que je vais amèrement regretter tout le bien que j'ai dit de Christine Angot. Je ne vois pas le bout des Désaxés. Non, pas vraiment regretter, je maintiens ce que je pensais des précédents. Mais c'est à croire qu'elle n'est douée que dans sa propre mise en scène. Là, elle fait pour une fois dans la fiction. Et c'est chiant à mourir. Et l'écriture est laborieuse. Avant je la trouvais précise, affutée. Angot travaillait son texte, sa langue, d'une façon chirurgicale pour toucher au plus près son vécu. Mais Les Désaxés, bon sang, non, ça m'emmerde. Par masochisme, je vais aller au bout, je sais que vous aimez me voir souffrir.
(C'est aussi par prétention, bien sûr, encore une fois. Un jour j'ai décidé de ne plus laisser un livre en plan. J'ai décidé qu'un livre n'aurait pas raison de moi, même s'il était d'un ennui mortel. C'est très con. Ca gâche du temps. je crois que dans pas longtemps, je vais rompre ce pacte fait avec moi-même. Je vais redevenir humble. Ahahaha, non, quand même pas, vous m'imaginez humble? Moi? hahaha)
Mais j'espère que le bout viendra vite, il faut que je passe à autre chose. Tiens, je vais lui envoyer une lettre d'insultes pour m'avoir déçu. Elle doit avoir l'habitude, elle s'en fout, et puis moi ça me fera un petit défouloir.

vendredi 24 septembre 2004
21:15 :: lecturation

Un chagrin de passage

Françoise Sagan est morte.

Je ne vous avais sans doute pas dit que j'aimais beaucoup la lire. Que j'avais pris Bonjour Tristesse en pleine figure à 17 ans. Que je ne la suivais pas sytèmatiquement à chaque nouveau roman. Mais que quand je ne sais pas quoi lire

(ces périodes d'incertitude molle. Je traîne dans les rayons d'une librairie. Rien ne me parle. Rien ne m'arrête. J'attrape dix livres et j'ai l'impression d'en reposer cent. Pas envie. Pas celui-là. Encore lui?)
un Sagan fait toujours l'affaire.

Oui, oui, le personnage, tout ça, la caricature, la drogue, la fraude, et Mitterand par-ci, et la diction par là. Moi je m'en fous un peu, Sagan c'est une écriture, précise, élégante. Raffinée. Et presque décadente. C'est une écriture de l'ennui. Et l'ennui, très souvent, c'est dans ma vie. Pas toujours, pas toujours, j'ai dit "souvent".

Un de ces quatre, je vais aussi avoir deux ou trois petites choses à vous dire sur Christine Angot. Du fait que j'aime Christine Angot. Que Christine Angot est précise elle aussi, et raffinée à sa manière.

(Ca ne saute pas aux yeux. Je sais. Vous la trouvez impudique, crue, narcissique. Peut-être même sans l'avoir lue. Parce que vous l'avez vue chez Ardisson ? Mais moi c'est comme pour la vie de Sagan, je m'en fous un peu. Angot je la lis, je ne vis pas avec, c'est pas ma copine.)
Que je suis intimement persuadé que Christine Angot va laisser sa marque dans la littérature. Qu'il y a quelque chose de génial chez Christine Angot, et que j'attends impatiemment qu'elle cesse d'effleurer son génie et qu'elle l'exploite vraiment. J'espère qu'elle ne va pas passer à côté. Je ne vous ai pas dit que j'avais trèstrèstrès envie de lire Les Désaxés ? Mais je fais traîner. Ne me demandez pas pourquoi.

Le rapprochement entre elles peut vous paraître indécent, mais lisez donc les deux. Elles ne sont vraiment pas si éloignées l'une de l'autre. Je vous jure que sur ce coup là, j'ai raison. C'est pas si souvent.

samedi 4 septembre 2004
14:21 :: lecturation

Terry Pratchett - Mécomptes de fées

Or donc, si vous aviez suivi, j'ai commencé à m'envoyer du Terry Pratchett il y a quelques temps avec Trois Soeurcières. Conquis, j'ai récidivé pendant mes vacances (de gauche) avec Mécomptes de fées, qui met en scène les trois mêmes héroïnes. Mais là le livre a dépassé mes espérances tellement j'ai ri en le lisant. Pour ceux qui ont vu, j'ai aussi beaucoup pensé à Shrek pour le mélange de mignon et d'irrévérencieux.

Je ne sais pas trop comment le résumer. Disons, pour simplifier, que l'une des trois sorcières hérite d'une charge de marraine-fée (et par le fait d'une baguette mal réglée qui transforme tout en citrouilles). Sa tâche de marraine? Empêcher qu'un conte ne se réalise et qu'une servante n'épouse un roi (remember Cendrillon? et bien... ici c'est Braisillon) Les trois affreuses partent donc fort loin découvrir ce qui se trame et pourquoi les contes se mettent à déconner à plein tubes. En chemin, elles tombent sur les trois petits cochons, le petit chaperon rouge, la belle au bois dormant... dans des versions un peu plus trash que d'ordinaire.

Ca n'a l'air de rien comme ça, mais c'est d'une inventivité, d'une drôlerie (et parfois d'une poésie, sisisi) que j'ai rarement rencontrées dans un même livre. Il y a une façon de voir les contes de fées qui m'a beaucoup plu : des mythes si forts qu'une fois lancés, ils en deviennent presque inéluctables et quasiment impossible à arrêter. Et puis quelques scènes à hurler de rire, dont la mémorable partie de cartes de Mémé Ciredutemps avec les trois escrocs qui n'en sortent pas indemnes.

En tout cas, moi qui n'avait quasiment aucune connaissances en fantasy je ne regrette pas d'être tombé sur Pratchett pour découvrir. J'ai longtemps, par prétention vraisemblablement, tenu la SF pour un genre mineur, pas assez bien pour mon brillant intellect qui ne se nourrissait à l'époque que d'auteurs abscons. Je regrette ça aujourd'hui quand je tombe sur ce genre de perles et fais mon mea culpa.

Terry Pratchett - Mécomptes de fées

jeudi 3 juin 2004
19:19 :: lecturation

Virginia Woolf - Mrs Dalloway

Virginia Woolf

Puisque ça semble intriguer, la phrase en anglais qui suit l'heure de mes posts vient de Mrs Dalloway de Virginia Woolf.

Le roman se déroule à Londres sur une journée, rythmée par les coups sonnés par Big Ben. A chaque fois ils sont ponctués par cette phrase, comme un refrain. J'ai du mal à parler plus de ce livre, je suis incapable de faire partager ce qu'il me fait ressentir chaque fois que je le relis. Il me touche trop par certains aspects. Tout ce que je peux dire, c'est qu'il est écrit de telle manière que, si l'on entre dedans on est vraiment dedans. Et que la seule chose à faire si vous ne me croyez pas, c'est de le lire.

(je sais, le procédé est facile, mais j'ai eu une journée de merde, et je suis fatigué, et gnagnagna. Ca fait deux plombes que j'essaye d'écrire un post cohérent sur ce livre, qui est quand même un de mes livres de chevet. Et à chaque fois que je me suis relu, je ne comprenais pas ce que j'avais voulu dire. Bouhouhouhou.)

mardi 25 mai 2004
23:12 :: lecturation

Joyce Carol Oates - Blonde

Joyce Carol Oates - Blonde

Je ne suis pas un Marylin addict, loin de là. Je pourrais même dire que Monroe, je m'en fous un peu. Je crois bien que je n'ai vu aucun de ses films, ou pour le moins je n'en ai pas de souvenir précis. J'ai, comme tout le monde, quelques images qui me trottent dans la tête. Une robe qui s'envole au dessus d'une bouche de métro (et une péroxydée idiote qui pouffe). Un "Happy Birthhhhday toooo youuuuu, Mister President" (bafouillé par une blonde défoncée et scintillante). Une décolorée pulpeuse qui resserre un col de fourrure autour de son cou. Rien de plus.

Et puis j'ai lu Blonde. Ce n'est pas une biographie, ce n'est pas un roman. C'est un hybride étrange, à la croisée des deux genres. C'est un long poème qui fait, défait et refait Monroe. J'ai lu je ne sais plus où que c'était le plus beau mausolée qu'on lui ait jamais construit. Et Oates possède un don singulier, elle n'écrit pas, elle cisèle avec autant de délicatesse que d'opiniâtreté. Le livre est long, très long, mais je n'ai pas pu le lâcher. Il a quelque chose d'haletant, comme si on retenait son souffle tout au long de la lecture.

Depuis, j'avoue, je n'ai pas vu plus de films, je n'ai pas mis de photos d'elle partout chez moi, je ne fredonne pas Diamonds are a girl's best friends trois fois par jour (et puis j'ai toujours préféré Rita Hayworth quand elle chante Put the blame on Mame en retirant ses très longs gants). Mais Blonde et Oates m'ont imprégnés longtemps, comme un rêve. Comme si j'avais été au bord d'attraper la main d'une fée et que je me sois réveillé à cet instant précis.