(raindrops)

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mardi 7 juin 2005
17:26 :: visionnaille

Travaux - Brigitte Roüan

Travaux - Brigitte Roüan Très curieusement, j'ai pensé au fort mauvais Crustacés & Coquillages, qui m'avait bien énervé lors de sa sortie. Sans doute à cause des numéros dansés, du scénario un peu décalé et improbable, des acteurs qui se lâchent. Sauf que Brigitte Roüan, elle, elle sait faire un film et diriger ses acteurs. Et quand elle les fait chanter ou danser, ça ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe, c'est naturel. Alors du coup, je me suis laissé faire, et j'ai beaucoup ri.

On nous rebat les oreilles avec Carole Bouquet dans un splendide contre emploi. Oui, c'est vrai, mais on sait que c'est une grande actrice, et ce n'est pas la première fois qu'elle bouscule son image. Ca n'enlève rien à sa performance, hein, elle est remarquable, et très drôle (et son chirurgien esthétique est un artiste). Mais j'ai été quand même beaucoup plus étonné par Castaldi et Maccione. Jamais je n'aurai pensé les trouver 1) si bons acteurs 2) si amusants.

Alors après, l'histoire ne tient pas debout, mais on s'en fout, c'est une comédie, et le vague message politique est mal ficelé, mais on s'en fout aussi, d'abord parce qu'il a au moins le mérite d'exister, et puis parce que c'est toujours une comédie. Réussie, parce qu'elle sait partir dans tous les sens sans sombrer lamentablement.

samedi 14 mai 2005
11:15 :: visionnaille

I (heart) Huckabees - David O. Russell

Tiens, Télérama n'aime pas. En même temps, depuis que les ai vu s'emballer, voire jubiler, sur un des Austin Powers il y a quelques années, j'ai tendance à ne plus trop les croire. A priori, j'ai bien raison.

I (heart) Huckabees - David O. Russell I (heart) Huckabees, c'est du grand n'importe quoi avec un casting de rêve. Et ça rend le film extrêmement bon. Evidemment, il ne faut prêter aucune attention au fatras pseudo-philosopho-machintruc. Ca n'est pas le propos. Le propos, c'est une successions de saynètes souvent très drôles, souvent très justes, en tout cas tournées avec beaucoup de soin.

On part d'une situation invraisemblable : un militant écolo engage des détectives "existentialistes" pour résoudre une séries de coincidences qu'il vient de vivre. Après ça, le film n'est pas racontable. On voit passer une galerie de personnages qui pètent tous un plomb à un moment ou à un autre.

Curieusement, c'est un film drôle mais qui demande beaucoup de concentration, pas du type reposant. C'est plein de trouvailles et de facéties, visuelles ou dans les dialogues, et si l'attention se relâche 5 minutes, on passe forcément à côté de quelque chose.

En même temps, n'éxagérons rien, ce n'est pas le meilleur film du monde

(puisque le meilleur film du monde, c'est Mulholland Drive, et ce point ne souffre ni la discussion, ni la contadiction)
mais je ne comprends pas les reproches que la critique lui a fait.

On a eu notre petite coïncidence après coup, le lendemain. Nous n'avons pas croisé de grand Africain, juste Jason Schwartzman, l'acteur principal du film. Il tourne à Paris en ce moment, à ce que me dit mon informateur secret, qui a aimé aussi visiblement. Il a un gros popotin et un petit chien. L'acteur, pas l'informateur, huhu.

jeudi 12 mai 2005
19:12 :: visionnaille

LOST

LOST Maintenant qu'on a rattrapé la diffusion américaine de Desperate Housewives, il fallait bien qu'on se rabatte sur une autre addiction en attendant les nouveaux épisodes. C'est facile aussi, j'ai un gourou désormais, et je lui fais une confiance aveugle.
et puisqu'il dit que c'est bien, et vu que je n'ai aucune once de personnalité, et vu que je suis totalement influençable, je me penche sur Arrested Development très bientôt d'ailleurs
LOST, c'est cré cré américain, avec que des héros si beaux et si forts (et à l'impeccable torse velu pour le principal) que tu leur boufferais les tétons avec délice, des héroïnes si jolies et si touchantes que si t'es hétéro, tu leurs ferais bien des trucs pas très avouables avec la langue aussi, des passés mystérieusement mystérieux, des trucs ésotériques que tu en perds ton latin, une menace invisible que personne ne sait ce que c'est, des fausses pistes en veux-tu en voilà.

Vu comme ça, évidemment, ça fait pas super envie, tu te dis juste "Boh, encore, pfffh, y a pas Super Nanny sur la 6 plutôt ?".

Sauf que.

L'épisode pilote.

Tu le regardes, et en 20 secondes, avant même le générique de début, rien qu'avec la scène qui précède, tu es collé au fond du canapé. Et tu ne bouges pas. Du tout.

C'est un crash d'avion, ou plutôt, juste après le crash. J'en ai vu des dizaines jusqu'ici. Jamais comme ça. Jamais je n'avais eu l'impression d'être là. Le bruit, les cris, la confusion totale. Ca marche, je marche à mort dans le truc. On ne peut pas ne pas marcher.

C'est foutu, maintenant, on en est dedans jusqu'au cou, impossible de ne pas regarder la suite.

et pour les mauvaises langues, non, nous ne sommes pas des couch potatoes passivement vautrées, on regarde ça en VO avec les sous-titres anglais, oui monsieur, oui madame. Même qu'hier on s'est fait un Living With Fran (sitcom plutôt milieu de gamme mais qui déclenche quelques bons rires gras) sans les sous-titres. Donc, officiellement, je ne glande pas devant la télé, j'improve mon anglich.

mardi 3 mai 2005
21:44 :: visionnaille

Bree Van De Kamp

Desperate Housewives - Marcia Cross Desperate Housewives tient ses promesses. Loulou et moi, on est devenus dépendants je crois. De la série, soit. Mais aussi de Bree Van de Kamp.
To be honest, the only thing I don't like about sex is the scrotum. I mean, obviously it has its practical applications but I'm just not a fan.
Marcia Cross est devenue une déesse des suburbs, toute dans la rétention et la perfection formelle. Sanglée dans ses tailleurs, pas un cheveu ne dépasse, le maquillage est calibré au dixième de millimètre, le teint est impeccable. Les lèvres cillent imperceptiblement face à la contrariété, mais le cerveau ne perd jamais le contrôle, et le sourire crispé retrouve immédiatement sa place au milieu du visage de porcelaine. Bree tient tout bien en main, analyse en quelques secondes, trouve la meilleure réaction. Et fait mouche.
Rex cries after he ejaculates.
Rappelez-vous Melrose Place, où Cross jouait le rôle d'une cinglée totale. C'est presque la même là, aussi obsessionnelle, mais, pour une raison qui m'échappe encore, totalement captivante et fascinante. C'est la version Cyrillus, banlieue chic, psychorigide et conservatrice de la ménagère américaine modèle. Sa famille explose, ça la sonne quelques épisodes, et puis elle se rassemble. Et reprend tout sous sa coupe, pas à pas, avec exactitude et précision. Elimine les déchets, appuie avec un sadisme délicat, donc encore plus douloureux, sur les blessures les plus à vif.
Please don't mistake my anal retentiveness for actual affection.
Elle est tout ce que je déteste, et je suis presque amoureux. Et je soupçonne celui qui se pelotonne contre moi pendant que l'on se passe les épisodes avec délectation d'avoir également un penchant coupable pour elle. Impossible de lui en vouloir. Face à Bree, on n'est pas en mesure de lutter. Demandez à son psy.

mardi 12 avril 2005
17:31 :: visionnaille

Mysterious Skin - Gregg Araki

Heureusement, je ne vois pas que des films qui m'énervent, il m'arrive aussi d'être enthousiaste. C'est le cas avec le dernier Araki, qui arrive, sur un thème très casse-gueule et très dur, à produire une oeuvre très belle et très forte.

J'avais un peu peur au départ. Je connaissais Gregg Araki juste par Nowhere. Bon film, ouioui, mais je craignais qu'il utilise les même méthodes à nouveau. Aborder la pédophilie sur un versant trash à la Bret Easton Ellis, yuk, je pense que j'aurais mal accusé le coup.

Je n'ai pratiquement rien à redire. Il a filmé cette histoire avec une pudeur à laquelle je ne m'attendais pas. C'est formellement très réussi, et cette forme se met au service d'un scénario intelligent et de personnages remarquablement bien campés (Joseph Gordon-Levitt est d'une justesse rare). J'ai regretté que les principaux soient mieux servis que les secondaires. Michelle Trachtenberg entre autres, que je n'avais jusqu'à présent pas vue ailleurs que dans Buffy, s'efface d'un coup, c'est dommage. D'abord parce qu'elle joue très bien, ce que je soupçonnais déjà, mais surtout parce que son personnage aurait mérité plus de place. Mais je ne sais pas si Wendy est mieux mise en valeur dans le roman de Scott Heim.

Bref, c'est un très beau moment de cinéma, et la petite Cosette en moi à évidemment pleuré à la fin, ce qui n'est pas une référence pour autant, j'ai la larme facile devant un écran.

Mysterious Skin - Greg Arakki

lundi 11 avril 2005
14:52 :: visionnaille

Crustacés & Coquillages - Olivier Martineau et Jacques Ducastel

Je n'ai pas vu Jeanne et le garçon formidable, dont on me dit le plus grand bien. On m'avait aussi dit beaucoup de choses positives sur Drôle de Felix, qui aurait été (peut-être) un bon film, s'il avait été bien joué et s'ils avaient rajouté 10 balles pour écrire un scénario. Je ne veux même pas jeter un oeil à Ma vraie vie à Rouen, tellement je crains le pire après ce que je viens de voir.

Donc, donc, donc, Crustacés & coquillages, c'est très mauvais. La seule chose qui m'a plu là-dedans, c'est Valeria Bruni-Tedeschi, que j'aimais déjà beaucoup. Elle est vraiment très drôle, et son rôle lui va très bien. De même que ses tenues ras-le-bonbon : physiquement, elle est métamorphosée, qu'on me donne tout de suite l'adresse de son nutritionniste.

Ici s'arrête tout le bien que j'avais à en dire. Ce film est chiant, mal joué par la moitié des comédiens (l'autre motié joue de façon décalée, sans doute un effet de style, mais avec moi ça fait plouf), les situations sont ultra-convenues. Ah, et l'image est vraiment dégueulasse, avec un grain énorme. Sans doute pour faire film de vacances. Je passe sur les parties chantées, totalement inutiles mais qui au moins font passer le temps dans un scénario qui n'en finit plus.

Je ne sais pas si ça se voit, mais je n'ai vraiment pas aimé. Et je sens que je vais encore me faire détester car je n'ai jusqu'à présent rencontré personne qui en disait du mal. Même un tout petit peu.

Crustacés & Coquillages - Olivier Martineau et Jacques Ducastel

mercredi 30 mars 2005
11:10 :: visionnaille

Desperate Housewives - Pilote

Desperate Housewives

Puisqu'on me prive de Dead Like Me, puisque Buffy est au chômage technique (trop de tueuses, moins de taff), puisque Everwood c'est vraiment trop une daube marinée dans du mauvais vin, il faut bien que je m'accroche à une nouvelle série. J'ai donc jeté mon

(enfin, "nous avons jeté notre", hein, il regardait avec moi, prenant honteusement, mais fort avantageusement, huhuhu, toute la place du pauv'piti chat sur le canapé.)
dévolu sur Desperate Housewives, alléché par ce que Benji en disait. Le pilote est peut-être un peu poussif, mais il faut bien présenter tout le monde. Marcia Cross (la crécréfolle et crécréméchante, sauf à la fin, de Melrose Place) semble bien borderline comme je les aime. Au grand concours du lifting excessif et des yeux 'achement trop en amande pour être honnêtes
(et je ne parle même pas des nibards, des pommettes, des nez, faites un tour sur les liens qui suivent)
Teri Hatcher (ex-madame superman, et au passage sa voix originale est une atroce déception) et Nicolette Sheridan (ex-salope vicieuse de Côte Ouest) sont ex-aequo, mais ça fait plaisir de les revoir. Ho, mais pourquoi avoir éjecté Sheryl Lee (ex-Laura Palmer dans la meilleure série de tous les temps) du casting ? Elle jouait Mary-Alice dans le pré-pilote, encore le rôle d'une morte, c'était plutôt une bonne idée... Bref.

Je n'ai pas trouvé ça exceptionnel, mais très bon quand même, et très accrocheur. En résumé : une femme au foyer apparemment comblée se tire une balle dans le crâne. Il y a un secret derrière ça, et ses copines, toutes des femmes au bord de la crise de nerf engluées dans un neighborood américain typique, toutes profondément insatisfaites, toutes pleines de petits secrets inavouables et de petits travers névrotiques, vont visiblement tenter de comprendre.

Alors oui, okay, je veux bien connaître la suite, mais j'espère qu'on va sortir du cliché classique (là, on nous en a servi un bon quintal quand même, c'est rigolo mais ça va cinq minutes) et que ça va partir en vrille.

mercredi 24 novembre 2004
22:36 :: visionnaille

Jonathan Caouette - Tarnation

Tout le monde en parle un peu partout (, et entre autres, mais sans doute ailleurs aussi). C'est très bien parce que moi je vais vraiment avoir du mal à écrire dessus. Je vais donc me limiter au strict minimum, en plus ça me reposera.

Drôle d'objet, absolument fascinant, d'une construction remarquable. On en ressort pas totalement indemne, c'est le genre de film qui poursuit son chemin dans l'esprit bien longtemps après que les lumières se soient rallumées. Bref, j'ai vraiment aimé et j'ai vraiment été très touché, et je ne peux rien dire de plus sur le sujet. Comme quoi, je suis bien plus disert quand un livre ou un film ne m'ont pas plus on dirait...

Jonathan Caouette - Tarnation

mercredi 24 novembre 2004
22:23 :: visionnaille

Claude Chabrol - La demoiselle d'honneur

Moi j'appelle ça un film raté. Je sais, c'est pas sympa, mais franchement il ne valait pas le coup. J'aime beaucoup Chabrol en général. J'avais apprécié La fleur du Mal, qui sans être un de ses meilleurs valait le coup d'oeil. Et surtout, juste avant il y avait eu le splendide Merci pour le chocolat, un vrai bijou. Huppert, mondieumondieu, et Anna Mouglalis, re-mondieumondieu...

Chabrol est très fort quand il s'en prend aux bourgeois, il a une acuité et un sens du détail qui le font échapper, parfois de justesse, mais échapper quand même, à la caricature. Là il s'en prend à la classe moyenne et ça ne fonctionne pas. En dehors de quelques réparties bien senties, rien ne sonne vraiment juste. L'histoire est terriblement prévisible, ce qui pourrait passer si les personnages étaient fouillés, mais ce n'est pas le cas. Les acteurs ne sont pas à la hauteur (à part Aurore Clément qui se sort d'un rôle pourtant très stéréotypé). Je n'avais jamais vu Laura Smet avant, mais comme tout le monde j'en avais entendu parler. Pourquoi donc ? Ah oui, fille de Truc et de Machin. Mais, c'est qu'elle joue très mal la pauvre, il faudrait lui dire. Remarquez, Magimel s'en sort à peine mieux, c'est très décevant, et c'est pas parce qu'il est très joli torse nu que je vais lui accorder des circonstances atténuantes.

Je sais, ça n'a pas l'air comme ça, mais en fait le film n'est pas atrocement mauvais, c'est juste que je m'attendais à mieux de Chabrol et que j'en fus fort déçu.

(bordel, comme avec Angot, qu'est-ce qu'il ont tous à me laisser tomber comme ça ? Hé, ho, ça suffit les chutes de piédestal là, on se reprend les gars)
Disons que ça aurait fait un téléfilm honorable, mais que sur grand écran et bien, on baille un peu...

Claude Chabrol - La demoiselle d'honneur

mercredi 3 novembre 2004
00:10 :: visionnaille

Wong Kar Wai - 2046

Je ne vais pas écrire une tartine sur ce film, j'aimerais juste vous encourager à aller le voir si ce n'est pas déjà fait.
(Ne serait-ce que pour découvrir que vous êtes sans doute, vous aussi, des Androïdes à Emotions Différées. Mais aussi pour tout le reste, les actrices magnifiées, l'image travaillée avec un soin extrême, la chronologie déconstruite, Maggie Cheung qui fait une apparition, Zhang Ziyi qui pleure, Toni Leung qui se recoiffe, Siboney...)

Wong Kar Wai - 2046